Ciné-débat avec le film « La Rivière » de Dominique Marchais : jeudi 6 juin à 20h30 au cine220 à Brétigny

Bravo à l’Ademub pour cette projection-débat jeudi 6 juin, à populariser le plus largement !

Dominique Marchais qui a déjà réalisé il y a 10 ans le remarquable « la ligne de partage des eaux » est lauréat du prix Jean Vigo pour ce nouveau film.

Un long métrage met en lumière à la fois la beauté des rivières, leurs fragilités, les menaces qui pèsent sur elles et surtout les femmes et les hommes qui travaillent pour les préserver.

A la suite de la projection, le débat bénéficiera d’une intervenante tout à fait qualifiée pour répondre aux questions : Aurélie Goutte, qui est enseignante-chercheuse en écotoxicologie, à l’Ecole Pratique des Hautes Etudes (EPHE), rattachée à Sorbonne Université. Elle étudie le devenir et les effets de la pollution sur les écosystèmes aquatiques, et notamment sur les poissons d’eau douce. » .

un documentaire à montrer le plus largement possible

« La Rivière » nous emmène sur les rives enchanteresses des gaves des Pyrénées, gravement menacées par l’homme. Un film d’une grande richesse esthétique et humaine.

En plongeant dans « La Rivière », le spectateur est invité à un voyage aussi bien esthétique que politique, en éveillant nos sens comme nos consciences.

Water Get Enemy

Ce n’est pas un hasard si « La Rivière » vient de recevoir de Prix-Jean-Vigo qui distingue un ou une cinéaste pour son originalité, son audace, son indépendance d’esprit et la qualité de sa réalisation. Dominique Marchais coche toutes les cases et succède ainsi à Alice Diop et son « Saint-Omer », récompensé à Venise et qui fut aussi le candidat français pour les Oscars l’an dernier. Le documentaire est en effet le parfait exemple de la réussite de la rencontre de l’esthétique et du politique. Avec cette grande attention à l’image et à la construction du récit avec, sans cesse, les préoccupations écologiques et environnementales qui suintent littéralement des témoignages qui se succèderont tout au long du film. On est en présence d’un film qui va changer notre regard en l’aiguisant, en faisant confiance à l’intelligence du spectateur pour qu’il s’approprie les propos du film et se fonde lui aussi dans le décor.

Et au milieu, la rivière coule

Les gaves du Pays basque sont ces multiples petites rivières qui sépare la confluence du gave de Pau, d’Oloron, de la confluence avec l’Adour pour se jeter in fini dans l’infini Océan Atlantique, des cours d’eau qui naissent aux pieds des grands sommets des Pyrénées et que remontent depuis des millénaires les saumons, réceptacle d’un brassage biologique incroyable qui font se rencontrer les torrents et les marées. Dans cet éden, l’homme y laisse des traces dont certaines sont devenus indélébiles et préjudiciables pour la nature et l’environnement. Et donc aussi pour l’homme dans une boucle circulaire vicieuse qui appauvrit la terre et ses ressources.

L’eau, sur un fil

A travers le vécu d’hommes et de femmes qui sont concernés par « la rivière » (terme qui devient générique pour les gaves dans ce film), soit parce qu’ils ont grandi sur ces rives, pêcher ses poissons (comme la passionnée et lucide Manon Delbeck, garde-pêche et membre de l’association agréée de pêche et de protection des milieux aquatiques) ou tout simplement par l’agrément d’une nature abondante et généreuse ou parce qu’elle est leur objet d’études et de travail (comme Dominique Nuques, directeur du Parc National des Pyrénées et aussi enfant du pays), Dominique Marchais dessine au fil de l’eau un portrait impressionniste d’un paysage qui nous apparaît non pas dans une vérité mais comme une image assez fidèle de la réalité, et c’est bien là le tour de force (motrice) du film.

Rendez-vous jeudi 6 juin à Bretigny

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