Tous les articles par Association Eau publique Orge Essonne

Association créée en 2014 par des habitants et associations du Val d'Orge pour la création d'une régie publique pour gérer l'eau potable de l'Agglomération. Affiliée à la Coordination Eau Ile de France, l'association a pris le nom d'Eau publique Orge-Essonne, quand notre agglomération s'est élargie à l'Arpajonnais en 2016

Maitrise de la production d’eau potable dans le sud francilien – les usagers se font entendre

Le 10 septembre dernier, l’agglo Coeur d’Essonne, nouvel hôte de la fête de l’Humanité, organisait le vendredi après-midi sur son stand une table ronde à l’intitulé suivant : « Maîtrise publique de la production d’eau potable, nos intercommunalités du Sud francilien s’engagent ».

Une table ronde en tout petit comité

Aucune publicité n’avait été faite à cet événement et les associations d’usagers n’y avaient pas été conviées. Quelques membres de notre association, bien informés, s’y sont rendus pour y faire entendre notre point de vue. Il n’était pas question pour nous de se voir confisquer un débat par l’entre-soi des élus communautaires qui pendant dix ans ont fait preuve d’inertie pour le passage en régie publique de la distribution de l’eau.

Quatre intervenants ont eu chacun deux fois la parole pour décrire l’état des lieux des délégations ou des régies dans leurs territoires respectifs, exposer l’enjeu de la ré-appropriation de la production par le rachat des quatre usines sur la Seine qui desservent leurs collectivités (Morsang-sur-Seine, Viry-Chatillon, Vigneux-sur-Seine et Corbeil). Ils ont ainsi informé publiquement de la création d’un nouveau syndicat mixte de production et transport d’eau potable du Sud parisien dont l’objectif est la reprise en gestion publique du RISF (Réseau Interconnecté Sud Francilien) c’est-à-dire les usines de potabilisation et les tuyaux qui transportent l’eau jusqu’à nos communes).
Il est dommage que Madame Mayeur, élue communautaire et présidente de la régie de Coeur d’Essonne, présente au premier rang dans le public, n’ait pas été également à la tribune, où elle aurait été cependant la seule femme !

C’est Eric Braive, Président de Coeur d’Essonne, qui a ouvert et mené le débat, exposant une partie des bienfaits du retour en régie dans son agglo, insistant sur le prix de l’eau mais en oubliant les tarifs sociaux et écologiques, en omettant le rôle de notre association qui avait réussi à imposer ce choix à des élus récalcitrants. Les autres hommes en tribune Romain Colas, maire de Boussy-St-Antoine, pour le Val d’Hyères, Michel Bisson, Président de Grand Paris Sud, et Michel Leprêtre, Président du Grand Seine-Bièvre qui représentait six communes de ce territoire qui quittent le SEDIF (Syndicat des eaux d’Ile-de-France) pour rejoindre le nouveau syndicat. Tous ont insisté sur le poids des multinationales, les tarifs fluctuants selon les communes sans justification, l’opacité du prix de revient et les bénéfices versés par les majors à leurs actionnaires. Cependant seul M. Leprêtre a souligné le rôle des usagers dans le combat pour se dégager de l’emprise de Suez et Véolia, merci à lui !

Une maîtrise « publique » de l’eau négociée secrètement au prétexte du secret des affaires ? cherchez l’erreur!

Ces dirigeants d’intercommunalités regroupées dans le nouveau syndicat ont présenté l’objectif de rachat des quatre usines de la Seine, avec les avantages tarifaires exposés, ainsi que leur rejet de la nouvelle arnaque de l’OIPB (osmose inverse basse pression – https://eau-iledefrance.fr/leau-pure-vraiment/ ou l’article sur le sujet dans ce site). Par contre, nous avons appris avec stupeur que Suez avait obtenu d’eux que la négociation sur le prix de vente était conditionnée au secret des affaires !

Les usagers ne comptent pas pour des prunes

La parole n’a été donnée qu’à une personne du public – très restreint vu la non-publicité du débat.
Membre de notre association Eau publique Orge Essonne, l’intervenant du public a rappelé que le mouvement général de retour au service public avait été initié par les usagers dans le Val d’Orge comme un peu partout en France et que pour ce bras de fer avec la multinationale Suez, il fallait créer un rapport de force que le mouvement citoyen est capable de faire basculer grâce à ses mobilisations. Pour cela il faut que les collectivités et les régies existantes communiquent plus avec les usagers, ne serait-ce qu’en expliquant les différentes lignes d’une facture d’eau, en exposant les enjeux environnementaux et sociaux du retour en gestion publique. En effet, elles ont des moyens de communication dont les associations ne disposent pas.

La régie Eau Coeur d’Essonne doit être exemplaire


Nous avons expliqué ensuite qu’il existait différents types juridiques de régie et que celui de la régie de Coeur d’Essonne devait servir d’exemple : d’une part il implique les usagers par la présence d’associations à son Conseil d’Administration et d’autre part la régie est indépendante du politique. En effet les politiques peuvent changer alors que les intérêts des usagers ne varient guère dans le temps.
Au nom de l’association, l’intervenant a ajouté que pour le match à entreprendre avec la multinationale, les règles ne doivent en aucun cas être fixées par Suez : nous, usagers, exigeons la transparence de ces négociations. Nous estimons d’ailleurs qu’il n’y a pas grand chose à négocier car vu les tarifs appliqués ces dernières décennies (le double du prix de revient de l’eau publique parisienne par exemple), les usines ont déjà été payées plusieurs fois par les usagers !

Le tour de table qui a suivi l’intervention a montré une écoute et une reconnaissance de la poussée citoyenne, espérons donc que les actes suivront.

Enquête publique portant sur les dispositifs de gestion des eaux pluviales suite à la mise en œuvre du projet « 217 ON AIR »

Une enquète publique été ouverte le 25 juillet (8h30) au 16 septembre 2022 (18h), sur le « projet d’installation de dispositifs de gestion des eaux pluviales suite à la mise en œuvre du projet « 217 ON AIR » . Il s’agit de la construction du pôle cinématographique « d’envergure internationale  » prévu sur la Base 217 ( côté Plessis-Pâté)

2 films l’empereur de Paris et Eiffel ont déjà été tournés sur le futur site de cette cité du cinéma

pour accèder au dossier de cette enquète, cliquer ici ou copier-coller le lien suivant

https://www.enquetes-publiques.com/Enquetes_WEB/FR/EP22282/Dossier.awp

Cette enquête publique porte sur à la fois :

• la  demande  d’autorisation  environnementale,  au titre de la loi  sur l’eau et les  milieux  aquatiques (rubrique  2.1.5.0) présentée par la communauté d’agglomération Cœur d’Essonne agglomération (secteurs Franges ouest et évènementiel de la BA 217)

• l’intérêt général de cette opération et la mise en compatibilité du Plan local d’urbanisme du Plessis-Pâté (secteur Franges ouest) avec cette construction.

Pour cette enquête publique, Monsieur Yves MAENHAUT, a été désigné commissaire enquêteur.

Vous avez la possibilité de consulter en ligne les éléments du dossier.

Le commissaire enquêteur recevra le public en mairie de Plessis-Pâté aux dates et heures suivantes :

Mercredi 31 Août 2022 de 8h30 à 11h30
Samedi 03 Septembre 2022 de 9h00 à 12h00
Samedi 10 Septembre 2022 de 9h00 à 12h00
Jeudi 15 Septembre 2022 de 15h00 à 18h00

La permanence du 10 septembre en Mairie serait organisée sur le site de la base 217 qui accueillera le même week-end la Fête de l’Humanité, elle favoriserait assurément une audience et une participation beaucoup plus larges à cette enquête!

L’abondance du dossier consultable en ligne est telle qu’il est difficile d’en éplucher les exposés techniques des opérations prévues ou d’identifier les points critiques à étudier de plus près :

Nous avions donc prévu d’aborder ce dossier à la mumière du « Schéma de gestion des eaux pluviales de la Communauté d’Agglomération du Val d’Orge pour vérifier si les travaux prévus respectent ses orientations.

52 documents différents à ouvrir ou à télécharger!

Problème ce schéma, pourtant voté récemment est introuvable sur le site internet de l’Agglomération; nous avons réclamé et attendons sa mise en ligne. Dossier à suivre

le 7 septembre, la CNDP doit trancher sur l’O.I.B.P. (osmose inverse basse pression): Quel débat public sur cet enjeu de société?

Bref rappel des derniers épisodes de ce dossier: en janvier 2022 le préfet de Seine et Marne refusait d’autoriser le projet pilote du SEDIF d’OIBP à l’usine de Savigny-le-Temple. Une opération en vue de tester ce procédé avant son extension prévue dans l’ensemble des usines franciliennes de productions d’eau du SEDIF .

Après avoir annoncé vouloir contester ce refus par tous les recours possibles, le président du SEDIF, André Santini, annonçait en avril n’avoir finalement plus besoin de cette première étape de travaux pour déployer l’OIBP sur l’ensemble de son réseau. Voir ici

Interpellée dès 2021 par la coordination Eau ile de France, relancée au printemps par notre association, la Commission nationale du débat public (CNDP), vient de confirmer que le coût (plus de 800 millions d’euros) et l’ampleur du projet d’eau osmosée du SEDIF (Syndicat des Eaux D’Île de France) exige l’organisation d’une concertation officielle sous son égide.

La CNDP est une autorité publique indépendante créée il y a 26 ans pour garantir le droit du public à l’information et à la participation sur les projets qui ont un impact sur l’environnement. Ce droit est inscrit à l’article 7 de la Charte de l’environnement, qui constitue, depuis 2005, le préambule de la Constitution française. Elle comprend théoriquement 25 membres mais 2 sièges sont vacants et 2 de ses membres aux abonnés absents. Elle est présidée par Chantal Jouanno dont les relations sont tendues avec le Président Macron, depuis qu’elle a déclaré il y a 6 mois que « Depuis vingt-cinq ans (création de la CNDP), ce gouvernement est le premier qui a réduit le champ de la participation du public

Le droit au débat pour le public reste un combat

Ce « droit au débat » du public est supposé permettre d’améliorer les décisions des responsables des projets . La CNDP est une autorité neutre qui ne se prononce pas sur l’opportunité des projets ou des politiques débattus, contrairement au commissaire-enquèteur supposé donner son avis à l’issue d’une enquète publique. la CNDP e n’a pas pour fonction de « faire accepter » ou de faire abandonner  les projets .

Réglementairement, la participation du public devrait être garantie par la CNDP dès l’origine d’un projet jusqu’à l’enquête publique, donc pendant son élaboration. Cette intervention débute donc à un moment où il est encore possible d’y renoncer, de le modifier, où l’on peut interroger le “pourquoi ?” et pas seulement le “comment ?”. Si après cette première phase, le porteur de projet décide de le poursuivre, la loi prévoit que la CNDP veille à l’information et à la participation du public jusqu’à l‘enquête publique, dernière étape de consultation avant que les services de l’Etat autorise ou non le projet présenté.

2 options de concertation

La participation du public au processus d’élaboration des projets peut se faire sous plusieurs formes, en fonction du coût et de la catégorie du projet et de ses enjeux. La CNDP a donc pour première mission de déterminer, pour chaque projet, sous quelle forme doit se faire la participation du grand public . C’est ce qu’elle doit décider le 7 septembre 2022 pour le projet dOIBP dont le coût de 800 millions d’euros laisse le choix entre les 2 options

  • Soit elle décide d’organiser un débat public dont elle assure en toute indépendance le pilotage et l’organisation. Elle en valide le dossier d’information, et fixe le calendrier et les modalités de participation.
  • Soit elle peut confier au responsable du projet l’organisation de la concertation. Elle désigne alors un.e ou des garant.e.s qui veilleront au respect du droit à l’information et à la participation.

A l’issue du débat public, ou de la concertation pour les projets définis par la loi, la CNDP désigne un.e ou des garant.e.s qui veilleront au droit à l’information et à la participation du public jusqu’à l’enquête publique (ou la participation par voie électronique). Elle garantit donc une concertation continue.

À l’issue de la concertation ou du débat public, la CNDP élaborera un rapport (compte rendu et/ou bilan) qui sera rendu public et transmis au responsable de projet.
Ce rapport ne se prononcera donc pas sur le bien-fondé du projet mis en débat ou des arguments avancés par le public. Il doit simplement donner à voir de manière détaillée la cartographie des arguments de l’ensemble des participants. En fonction que quoi, il doit formuler des recommandations à l’égard du responsable du projet pour une bonne prise en compte de la parole citoyenne.
Le responsable du projet a l’obligation de répondre, dans les trois mois, de manière détaillée à ces recommandations et d’indiquer publiquement ce qu’il retient du débat ou de la concertation.

Les dirigeants du SEDIF inaptes et hostiles à laq conduite d’un débat démocratique

Pour nous il est définitivement impossible d’espérer l’organisation d’une concertation honnête sur l’Osmose inverse basse pression si elle est confiée aux dirigeants politiques et administratifs du SEDIF. En effet, depuis l’annonce officielle de ce projet, il y a 8 ans, ces dirigeants l’ont obstinément présenté comme formidable et incontestable. Ils se sont bornés d’emblée à ressasser, dans tous leurs dossiers et supports de communication, le même slogan expliquant aller grâce à l’OIBP  » vers une eau pure sans calcaire et sans chlore »

Ils n’ont jamais envisagé de partenariat avec des instances de recherche indépendantes pour en étudier les conséquences ni en vérifier le bien fondé. Pour « prouver » son bénéfice pour les usagers, le Sedif a grassement payé Deloitte, une multinationale britannique d’audit qui s’est contentée de recycler 3 études portant sur quelques dizaines d’usagers d’appareils électro-ménagers au Danemark et aux Etats-Unis. La Chambre Régionale des Comptes, dans son rapport de 2017 sur la gestion du SEDIF, met en exergue l’extrême diversité, et donc l’absence de fiabilité, des résultats quelques études censées évaluer les économies induites pour les usagers par l’eau osmosée.

La démocratie façon SEDIF c’est on décide d’abord, on communique ensuite

Alors que l’obligation constitutionnelle de consultation des usagers n’a d’utilité que si elle intervient en amont des décisions pour permettre de s’assurer de leur pertinence, le SEDIF a tout organisé , a contrario, pour qu’elle intervienne en bout de cours quand tout est déjà décidé et que des sommes importantes ont été engagées pour ce projet :

En effet, la décision du SEDIF de recourir à l’OIBP pour la totalité de ses usines de production d’eau potable a été officialisée dès décembre 2015 date d’adoption de son 15ème plan quinquennal de travaux du SEDIF (plan 2016-2020)

Ce XVe Plan, intitulé « l’eau du 21e siècle pour l’Ile-de-France », prévoyait de « développer un service novateur et performant au service des usagers », dans le cadre de la Métropole du Grand Paris », en déployant les technologies de pointe pour « anticiper les attentes des consommateurs » vers une eau pure, sans calcaire et sans chlore, au robinet de chaque abonné grâce un traitement membranaire moderne sur chaque usine, pour les besoins des 50 prochaines années (XVe et XVIe Plans),

-Plus décisionnel l’appel d’offre lancé pour le renouvellement de la Délégation de Service public du SEDIF en mai 2021(date limite de dépôt des offres fin juillet) comporte l’impératif de :

« La réalisation de travaux neufs et de réhabilitation, notamment la mise en place de l’osmose inverse basse pression(OIBP) sur les usines de Choisy-le-Roi, Neuilly-sur-Marne, y compris le renforcement et la sécurisation électrique de ces deux usines, et sur l’usine de Méry-sur-Oise, la refonte du système d’information industriel, la refonte du système de télérelevé et le développement du site internet et du portail SEDIF tiers ».

N’est même pas sollicitée en variante une offre des entreprises sans OIBP.

S’agissant de la première phase de test de ce projet, prévue cette année à Arvigny (usine de Savigny le Temple en Seine et Marne), le caractère rétroactif de la « concertation préalable » organisée le SEDIF a été encore plus flagrant: délibération décidant la mise en oeuvre de l’OIBP votée dès décembre 2017, et marché passé en octobre 2020 avec l’entreprise retenue, avant même publication du compte-rendu de la concertation!….avec zéro participants des 5 communes desservies par cette usine (aucune annonce dans la presse locale et aucune réunion pour cette concertation organisée en 2020, pour être bien sûr que personne n’en soit averti).

le 14 octobre 2016, inauguration dans la rigolade du « SERVO » par A. Frêrot, PDG de Veolia et son compère Santini président du SEDIF. Un centre de pilotage installé dans les locaux de Veolia pour aider le SEDIF dans ses prises de décision : Est-ce grâce à cette aide qu’a été engagé le projet démentiel d’OIBP?

En 2022, 8 ans après avoir décidé ce projet, après l’avoir décrit et promu, sans la moindre nuance, comme un progrès formidable, les capacités spontanées des dirigeants du SEDIF de le remettre en question sont donc nulles . En effet, cela signifierait pour eux admettre qu’ils s’y sont engagés de façon aventureuse à l’encontre de l’intérêt général. Cela les obligerait en outre à redémarrer à zéro la procédure longue et coûteuse de renouvellement de la DSP engagée depuis 2 ans pour maintenir 12 ans de plus le SEDIF sous la coupe de Veolia. Comment imaginer de leur part un tel aveu d’incompétence et d’abus de pouvoir !

A notre avis, l’enjeu de société, sous-jacent à ce projet d’OIBP nécessite un débat public dont l’organisateur ne soit pas juge et partie. l’organisation de ce débat par la CNDP elle-même nous parait seule à-même de réunir les conditions d’information contradictoire, et d’écoute sincère des habitants , de leurs associations, de leurs élus qu’exige la question de la protection de la qualité de l’eau en Île de France.

Retour en images sur le Big jump à Corbeil

Parmi la centaine d’évènements organisés dans 8 pays d’Europe différents ces 9 et 10 juillet pour le Big Jump river, celui de Corbeil présentait l’originalité pour la France d’être une initiative citoyenne au milieu d’actions par ailleurs municipales.

Avec de ce fait , une double liberté, celle d’inviter à se baigner sur un site encore interdit à la baignade, et celle de lier cette action avec la dénonciation politique des pollutions et prédations financières qui asservissent aujourd’hui la Seine, dans le prolongement de notre action du 20 mars face à l’usine d’eau potable de Morsang sur Seine

Un big Jump pour libérer la Seine avec 4 objectifs
120 ans de pillage d’eau de Seine pour rançonner collectivités et usagers, ça suffit!
DanUne action dans la continuité de notre rassemblement le 2o mars au barrage du Coudray face à l’usine de Suez à Morsang sur Seine

Pourtant , que la rivière est belle, comment peut-on imaginer?

45 ans d’interdiction de la Baignade, du fait de la maltraitance infligée à la Seine, ça suffit

Une expo de la Maison de Banlieue et de l’Architecture d’Athis-Mons nous permet d’inscrire notre évènement dans la longue et riche histoire des relations entre les habitants des villes riveraines de la Seine et leur fleuve : https://www.maisondebanlieue.fr/…/02/Affiche-Seine-BD.pdf

histoire et devenir des usages et paysages du fleuvesequana, fille de Bacchus, prit la forme d’une rivière dont l’eau se teinta de vert, la couleur de ses yeux.

Cette expo peut-être visionnée en ligne ici

Autre Exposition présentée, celle du Département de l’Essonne, commentée par Yann Bardet, son responsable du Service de l’eau, La Seine de nouveau baignable? Une expo qui fait le bien sur le projet de rendre la Seine propice à la baignade, sur 5 sites en Essonne, pour se reconnecter à notre fleuve . Une expo qui explique comment sa présence est une chance pour atténuer les effets du réchauffement cli-
matique, et protéger la biodiversité.

Une expo visionnable en ligne ici

Mais d’où sortent ces entérocoques?!?

Mesurée régulièrement depuis 3 ans, sur le site de Corbeil, la qualité répond aux normes sanitaires d’autorisation de la baignade, au vu de la grande majorité des prélèvements depuis un an. Restent cependant des épisodes de dégradation de l’eau à un niveau en deçà du seuil requis pour la baignade. Des épisodes dont il reste à analyser la cause pour la bannir définitivement .C’est le cas pour le dernier test, le 6 juillet, non conforme après plusieurs résultats corrects, qui n’a pas découragé pour autant les participants.

Pour rappeler et partager le sens de notre action contre la marchandisation de l’eau, rien de tel qu’une reprise en chœur de notre hymne « Rien que pour l’eau » rédigé grâce à la précieuse contribution de Véronique Sanson . (paroles et choré ici Extraits :

…..Elle, Elle n’en peut plus d’être souillée, Gaspillée ou traficotée, Et toujours plus cher facturée ……Rien pour l’eau pour l’eau de pluie, Pour l’eau des cours d’eau Pour l’eau des nappes souterraines, Pour l’eau de l’Essonne ou la Seine, Se lève la vague citoyenne, si haut!

Les sirènes de la Seine nous attirent vers l’onde
Débats entre participants et passants attirés par cette effervescence inédite un dimanche après-midi
Les enfants n’ont pas attendu le signal du big jump pour tester le fleuve

Pas question de se contenter d’un petit plouf et puis s’en va

Se mobiliser pour libérer et protéger la Seine de ses prédateurs, c’est une action de longue haleine! Un petit plouf et quelques photos souvenirs ne seront pas suffisants pour bouter hors de Seine ceux qui l’utilise depuis des décennies comme dépotoir ou comme une occasion de profits sur notre dos. il est proposé à tous les nageurs le serment de rester en contact après la baignade pour d’autres actions collectives jusqu’au succès. Pour les motifs de ce serment, cliquer ici

Serment fondateur du collectif des nageurs du NAJES, Nous n’Abandonnerons Jamais l’Emancipation de la Seine

Assez parlé, l’heure du passage en Seine a sonné

jusqu’à la victoire pour la libération de la Seine
le plus dur, c’est d’en sortir
Sébastien Morelli, journaliste du Parisien couvre l’évènement pour un article le lendemain

Les élus de Corbeil-Essonnes se joignent à nous!

Retenus par le barbecue citoyen du Printemps de corbeil, organisé le même jour, Bruno Piriou, Maire de Corbeil-Essonnes et Vice-Président de l’Agglomération Grand Paris-Sud, et Alexandre Maquestiau, Conseiller Départemental du canton, nous font la surprise et l »honneur de se joindre à notre big jump,

Des élus qui se mouillent sans hésiter (à gauche A. Maquestiau, à droite B. Piriou)
La baignade en Seine au plus vite confirmée comme objectif municipal
Promis, la prochaine fois, on vous rejoint

Merci à Jean-Pascal Bonsignore, Rodolfo Yepez-Lacouture et à Nathalie Gouëffon pour leurs photos permettant d’immortaliser ce big jump

Big jump à Corbeil le 10 juillet 2022 pour libérer la Seine!

Invitation à une baignade collective en Seine adressée à tous les citoyens des bassins versants des rivières Orge-Yvette, Yerres, Essonne et Bièvre

En connexion avec tous les participants au Big Jump en Europe ce jour-là,

Dans le prolongement de la première vague citoyenne lâchée le 20 mars 2022 dernier au barrage du Coudray-Montceaux pour exiger de SUEZ la restitution des usines d’eau de la Seine qui nous approvisionnent en eau potable,

DIMANCHE 10 JUILLET 2022 A 15 HEURES

à Corbeil-Essonnes,

sur le quai Bourgoin (à l’angle de la rue Botha, face au ponton du bateau-école)

Mouillons-nous tous POUR EXPRIMER:

-notre détermination à obtenir la réouverture ou création des 5 sites de baignade en Seine annoncés dans le département de l’Essonne pour 2024,

– la reconnaissance de la personnalité juridique du fleuve Seine : la Seine est potentiellement une de nos principales alliées pour lutter contre le réchauffement climatique, à condition de voir ses droits reconnus et son intégrité protégée

– la restitution sans contrepartie, aux habitants et aux intercommunalités du sud francilien, des 3 usines de captage séquestrées par la multinationale SUEZ, qui revend à un prix exorbitant l’eau de la Seine aux services d’eau potable des 1 500 000 habitants du sud Francilien ,

– et pour fêter labandon du site pilote d’Arvigny pour l’ OIBP (osmose inverse basse pression). Un procédé polluant, coûteux socialement et écologiquement de traitement de l’eau programmé à Savigny-le-Temple par le SEDIF , avec rejet dans la Seine à 7 km en amont de Corbeil de centaines de mètres cubes de concentrats polluants. Et pour exiger l’abandon définitif de ce projet en Ile de France.

Au programme:

  • Avant le big jump, Création et prestation de serment collective des Nageurs du Sud Francilien, membres fondateurs associés du NAGES (Nous Allons Gagner l’Emancipation de la Seine): le serment de construire ensemble et faire vivre un réseau d’action jusqu’à obtenir l’émancipation définitive de notre fleuve des pollutions chimiques et des prélèvements mercantiles qui l’étouffent.
  • Concours du meilleur slogan tagué sur les peaux blanches ou les pancartes de ceux qui vont s’élancer dans l’eau ou de leurs soutiens,
  • Remise à tous les participants d’un « kit de survie de la Seine » , sacoche comprenant différents documents et accessoires pour élargir la popularisation de notre combat.
  • Exposition du Département de l’Essonne sur le projet de recréation de 5 sites de baignades en Seine entre le Coudray-Montceaux et Ris-Orangis

Vague citoyenne pour la réappropriation publique de la production d’eau potable dans le sud francilien – saison 2

Lancement mercredi 15 juin à Grigny

Bonjour,

Tous les acteurs , habitants, élus, salariés de la bataille pour la maitrise publique de la production d’eau potable sont conviés à se retrouver:

le mercredi 15 juin de 19h à 21h30 à Grigny,

Salle Sidney Bechet, place Henri Barbusse (à 200m de la gare de Grigny-Centre, RER D)

Ces retrouvailles, 3 mois après le rassemblement au barrage du Coudray Montceaux seront l’occasion de partager entre nous les informations sur la situation au sujet des 3 usines et canalisations du RISF ,dont Suez refuse toujours la restitution sans contrepartie aux usagers à à leurs élus.

Nous bénéficierons d’un éclairage d’ensemble de l’historique, des enjeux, du contexte, du rapport de force dans le sud francilien grâce à la restitution par RODOLFO PEREZ-LACOUTURE de son mémoire universitaire sur « les enjeux de la réappropriation publique de l’eau dans le Sud Francilien »

Notre programme des 6 prochains mois

Nous aurons ensuite à échanger et à nous accorder sur nos prochaines initiatives pour renforcer et élargir les actions en cours, de façon coordonnée entre collectivités et associations. Quelques suggestions (liste ouverte à toute proposition complémentaire):

* initiative publique en Seine à l’occasion du « Big jump river » européen le 10 juillet prochain,

* confirmation et engagement de la préparation des 2èmes rencontres départementales pour l’eau publique en Essonne (élargies au sud Francilien et aux acteurs universitaires ?) pour leur réalisation avant la fin de l’année 2022

* initiative d’interpellation des dirigeants et de solidarités avec les salariés de Suez, soit au siège de Suez, soit sur les différentes usines

* engagement des discussions entre fondateurs du nouveau syndicat mixte et associations pour permettre l’implication des usagers dans ses projets et ses choix (voir l’article publié sur notre blog pour engager un travail collaboratif sur cette question)

etc…

Dans l’attente de vous y retrouver

A bientôt

Pour un syndicat mixte de production d’eau potable résolument ouvert à la co-construction avec les citoyens dans le sud francilien

Rompre avec un lourd passé d’abus de pouvoir

Cette année 2022 a vu la création du Syndicat mixte de production et transport d’eau potable du sud francilien , dénommé « Eau du sud francilien ».

Les membres fondateurs en sont les EPCI (établissements publics de coopération intercommunale) qui sont totalement ou partiellement alimentés en eau potable par les usines de production et les canalisations du réseau interconnecté Sud Francilien (RISF): Coeur d’Essonne agglomération, Grand Paris Sud, Val d’Yerres-Val de Seine, Grand Orly Seine Bièvre. 2 autres sont susceptibles de les rejoindre: Paris-Saclay, et Grand Paris Sud Est Avenir.

Cette création offre aux habitants et à leurs collectivités locales , l’outil juridique requis pour reprendre la maîtrise complète du service d’eau potable dans la plus grande part du sud de l’Ile de France.

Ce syndicat voit le jour alors même que l’entreprise Suez, qui a imposé son emprise sur ce RISF depuis plus d’un siècle, refuse de céder la place; ou bien, à défaut prétend le faire en exigeant des contreparties financières exorbitantes, alors même que ses usines et réseau de production d’eau potable ont déjà été largement payé par les usagers à travers leurs facture.

La gestion publique démocratique, c’est pas automatique

Dans ce contexte, la finalité immédiate d’Eau du sud francilien est de gérer un service le plus efficacement possible au bénéfice des usagers et dans le respect de la ressource en eau; Mais elle est aussi de faciliter et de consolider l’implication citoyenne dans la bataille en cours pour une réappropriation collective du service d’eau potable, totalement affranchie des visées lucratives des actionnaires des multinationales.

Et cette implication citoyenne ne pourra s’opérer que si, d’emblée, le syndicat Eau du sud francilien adopte des modalités démocratiques de fonctionnement en rupture complète avec l’opacité, les décisions imposées d’en haut, le mépris ou la manipulation des usagers qui ont caractérisé la gestion Suez depuis des décennies.

Cadre juridique & volonté politique

Le cadre juridique du syndicat est une condition nécessaire pour y parvenir, mais il ne sera pas suffisant s’il ne s’accompagne pas d’outils encourageant la participation régulière des usagers aux projets et aux choix d’Eau du sud francilien.

C’est l’objet de l’instance collaborative dont nous souhaitons la mise en place dans les meilleurs délais. En pleine conscience de l’ambition de cette mise en place, dans le contexte réglementaire du code général des collectivités territoriales (CGCT), qui ne concède aujourd’hui aux usagers qu’un rôle consultatif réduit, dissuasif et décourageant pour ceux qui tentent de l’exercer au mieux.

En effet, il faut avoir à l’esprit que seules les régies publiques d’eau potable et d’assainissement ayant la personnalité morale offrent une possibilité aux usagers de participer aux décisions, en siégeant et délibérant au sein du conseil d’administration de ces régies. Cette option n’existe pas aujourd’hui pour les établissements publics de coopération intercommunal (EPCI) ou les syndicats auxquels ils adhérent.

Un projet à améliorer

Le projet de règlement que nous proposons pour le syndicat tente de dépasser ces contraintes, sous la forme d’une « ICSPL »; à savoir, une instance collaborative des services publics locaux, qui puisse remplir le rôle réglementaire concédé très occasionnellement, dans les communes et intercommunalités, aux CCSPL (commissions consultative des services publics locaux), mais qui puisse avoir une finalité d’association permanente des usagers aux orientations et initiatives du Syndicat.

A ce stade, le document présenté est un document de travail ouvert aux corrections, précisions , clarifications nécessaires pour répondre à cette forte ambition démocratique. Même le nom de cette instance est sujet à discussion. Nous espérons que tous ceux qui ont l’ambition

En attendant, transparence à toutes les étapes

En attendant la création de cette instance, nous demandons que:

* les conseils d’administration des régies à personnalité morale qui existent déjà pour la distribution de l’eau potable,

* les CCSPL des établissements fondateurs du syndicat (GPS, CDEA, GOSB, CAVYVS) et celles des EPCI ayant vocation à le rejoindre (CPS, EPT11) ,

soient régulièrement informées et associées à la mise en place du syndicat et aux négociations avec Suez.

pour accèder à la version de travail en commun du projet de règlement de l’ICSPL du syndicat Eau du sud francilien cliquez sur le lien ci-dessous:

lien d’accès à la version de travail du projet de règlement

pour accèder à la version pdf de la mouture initiale du projet de règlement de cet ICSPL:

https://webcloud.zaclys.com/index.php/s/I29l440SbZcIoWo

N’hésitez surtout pas à ce stade à faire part de vos questions et réactions à ce sujet. Etant entendu qu’une fois retravaillé, il aura vocation à être proposé à l’instance collaborative du nouveau syndicat qui sera souveraine pour l’adapter puis l’adopter définitivement.

Petite avancée en vue dans la maîtrise publique de l’assainissement pour les communes de la vallée de l’orge amont

La commission consultative des services publics locaux (CCSPL) devait donner ce mardi 10 mai un avis sur le projet du Syndicat de l’Orge d’avenant à la DSP actuelle avec Suez, pour reprendre en régie l’exploitation des réseaux et de quelques stations d’épuration à compter de ce 1er juin 2022.
Cette consultation a donc eu lieu en dernière minute, sans document préparatoire nous ayant permis d’étudier la question.
Compte tenu des indications fournies sur le coût élevé qu’induirait une dénonciation complète de la DSP, nous avons donné un avis favorable à la réduction modeste de son périmètre qui est prévue (portant sur environ 12 % seulement du montant de la DSP).
A la lecture plus attentive à l’issue de la CCSPL des documents présentés en séance, on peut s’interroger sur le choix de ne pas toucher au montant de la redevance demandée aux usagers, et d’ utiliser intégralement l’économie réalisée pour des travaux de maintenance renforcés.

En effet, la redevance d’épuration payée par les usagers tributaires de cette DSP, soit 1.042€ au mètre cube, est 43% plus élevée que celle des usagers des autres secteurs, notamment ceux dont les eaux usés sont acheminées vers la station du SIAAP à Valenton. (0.725€ en 2022)

La reprise en régie concernerait les 5 plus petites stations d’épuration STEP, gérées par Suez (en orange) sur la carte, la grosse station d’Ollainville restant en DSP jusqu’à fin 2025)

pour la présentation de ce projet , accompagné de quelques commentaires et précisions de notre part (en italique), cliquez ici:

https://webcloud.zaclys.com/index.php/f/46320144

Les usines de production d’eau potable qui doivent être restituées aux Essonniens

140 ans de privatisation et de spoliation.
Les réseaux d’eau potable des villes, fondés sur les fontaines, alimentés par des aqueducs, se sont construits à partir du Moyen-âge sous l’égide des municipalités; ce n’est en général qu’à partir du 19ème siècle que les grandes entreprises privées se les sont accaparés.

C’est le cas à Paris, suite à l’élection de Jacques Chirac, qui délègue à compter de 1984 la gestion de l’eau potable en partage à Suez (rive Gauche) et Veolia (rive droite).

En banlieue parisienne, par contre, les communes se sont trouvées placées sous l’emprise des entreprises privées dès la création de leurs réseaux d’approvisionnement en eau potable, avec une intervention déterminante des préfets pour privilégier ce mode de gestion.
C’est ce qui a conduit au partage séculaire de l’Ile de france, permettant : – à Veolia de faire main basse sur l’essentiel de la « petite couronne », par l’entremise du SEDIF (Syndicat des eaux d’Ile de France), sous la forme 100 ans de délégation renouvelée systématiquement,

  • et à Suez de s’enrichir aux dépends de la majeure partie urbanisée de la Grande Couronne (ancienne Seine et Oise, dont l’Essonne).

Avec, dans ce dernier cas également, une reconduction systématique des délégations des services publics d’eau potable, dépossédant les communes de toute maîtrise et même de toute connaissance sérieuse des infrastructures support de la production et la distribution de l’eau.

C’est dans ce contexte que le Réseau interconnecté Sud Francilien, (RISF) a été organisé par étapes, d’abord sous l’égide de la Société lyonnaise des eaux et de l’éclairage (SLEE), créée en 1880, devenue Lyonnaise des Eaux en 1931, puis Suez, sous-couvert de filiales à 100 % parmi lesquelles Eau du Sud Parisien (ESP), la société des eaux de l’Essonne

Ce réseau s’est consolidé lors de la création des villes nouvelles, avec un fort développement dans les années 1970,marqué par la réalisation de l’usine de Morsang et des principales canalisations de transport d’est en ouest de gros diamètre 1200 et 1000 mm
Certaines parties de ces réseaux dits de transports sont publiques.

Ils sont desservis par 4 usines: 3 dont Suez revendique la propriété, et la 4ème (propriété de la Ville de Corbeil-Essonnes et désormais de Grand Paris Sud)
L’ensemble de ces sites peut produire et distribuer jusqu’à 440.000 m 3 d’eau potable par jour grâce à un réseau interconnecté long de 4.500 km

Un réseau qui alimente plus d’un
million d’habitants répartis sur quatre départements

Depuis 40 ans, le RISF perdure sous la forme d’un réseau d’une longueur totale de 4500 km, pouvant distribuer jusqu’à 440 000 m3 d’eau potable par jour produite dans 4 usines, dont l’eau potable est très majoritairement issue de procédés très lourds de repotabilisation d’eau de la Seine.

C’est ces 4 usines de bord de Seine, toutes situées en Essonne, qui doivent être restituées aujourd’hui aux essonniens et à leurs élus.

Leur présentation du Nord au Sud respecte la chronologie de leur création:

1° L’usine de Vigneux sur Seine,

9 chemin de port Brun, dont la construction initiale remonte à 1890.

Témoignent de cette époque des bâtiments et une conception assez rustique de la protection du site.

nos amis les bêtes sont en charge du plan vigi-pirate à Vigneux


S’étendant sur 3,6 hectares, dont 1/3 d’installations de traitements, elle fait tout pour échapper aux regards et tourne le dos à sa commune d’accueil. Implantée à la limite nord du Département entre les voies ferrées du RER D reliant Villeneuve Saint-Georges à Juvisy, la confluence de l’Yerres avec la Seine, et divers activités de BTP ou de logistique, les déchets qui jonchent ses abords augurent mal de l’hygiène absolue qui doit caractériser son activité :

…..ou côté Seine

Cette usine a été très largement rénovée il y 25 ans, avec l’installation d’un procédé dit « d’ultrafiltration » .
Des travaux financés à l’époque par d’importantes subventions publiques (30% du coût , principalement de la part de l’Agence de l’eau) et par les usagers, avec un surcoût évalué entre « 20 à 40 centimes de plus » au mètre cube, répercuté sur les factures (bonjour la précision….). Les dirigeants de Suez vantaient alors une eau désormais « d’une pureté comparable à celle de l’eau de source », et « d’une qualité bien supérieure à celle exigée par les normes en vigueur ».
l’eau de cette issue est issue à 100% de la Seine, avec des prélèvements en 2019 inférieurs de 25% à ceux de 2012: ce qui signifie que, désormais l’usine fournit un volume d’eau représentant seulement 38% de ses capacités potentielles.

2°) l’usine de Viry-Châtillon

Construite en 1931 , soit il y a 91ans, l’eau qu’elle produit est issue à 87% d’un captage en Seine et 13% de forages aux abords de l’usine, puisant dans les nappes souterraines profondes de l’albien et du sparnacien.
Sa production effective est aujourd’hui de l’ordre de 44% de ses capacités (120 000 m3 par jour , soit 44 millions de m3 environ par an)
Elle a enregistré également une baisse de production d’environ 25% de 2012 à 2019 (dernière année connue),

3°) L’usine de Corbeil-Essonnes

dite « Usine Philippe de la Clergerie », Rue Louis Beaudoin. Elle désormais approvisionnée uniquement par un captage en Seine, Chemin des bas vignons . Au départ construite par la Ville d’Essonnes après la seconde guerre mondiale, elle a été largement agrandie et modernisée en 1974 et a adopté en 2010 le même procédé d’ultrafiltration , « Cristal », que celui installé à Vigneux en 1997.

Cette usine est donc la seule des 4 a être propriété publique. Elle a été transférée de la Ville de Corbeil-Essonnes à la communauté d’agglomération GPS, quand cette dernière a repris la compétence Eau potable pour le compte de ses communes. Ce qui n’empêche pas Suez de la considérer comme partie intégrante de son patrimoine, et comme éléments à part entière du RISF, dans tous ses documents.
Sa production actuelle représente à peine 40% de ses capacités potentielles, et, plus encore que les autres usines, a fortement baissé, de 50%, entre 2012 et 2019.

4°) l’usine de Morsang sur Seine

vue aérienne de l’usine de Morsang sur Seine


C’est à la fois la plus importante et la plus récente du RISF. Elle a été réalisée et inaugurée en 1970 pour faire face à la construction des Villes nouvelles d’Evry et de Melun-Sénart, dont les objectifs initiaux de population étaient largement supérieurs à ce qu’ils sont advenus.
L’usine représente à elle seule la moitié des capacités de celles qui alimentent le réseau interconnecté du sud francilien. Elle aussi à une production largement inférieure à ses capacités : 57%, et en baisse au cours de la dernière décennie, d’environ 20%.

Tableau de synthèse des capacités de production des 4 usines du RISF en Essonne

Au total, on voit qu’à peine la moitié de la capacité des usines est aujourd’hui utilisée.
D’autre part, on relève que la capacité maximale de Morsang sur Seine serait aujourd’hui suffisante pour répondre aux besoins d’alimentation de tout le réseau.

L’alimentation des intercommunalités sud-franciliennes est très en deça des capacités de production du RISF

Eau potable : Suez doit cesser de rançonner les usagers du Sud Francilien

Rassemblement le 20 mars 2022 au barrage du Coudray Montceaux face à l’usine d’eau potable de Suez

Déclaration commune du 15 avril 2022 de la Coordination Eau Île de France et des associations Aggl’eau CPS et Eau Publique Orge-Essonne

Rappel des épisodes précédents

Il y a 13 mois (mars 2021), les communautés d’agglomération essonniennes1, appuyées par le Conseil Départemental, exprimaient leur volonté de recouvrer la maîtrise publique de la production d’eau potable. Une production sous l’emprise de Suez (ex-Lyonnaise des Eaux) depuis plus d’un siècle sous la forme du RISF (Réseau interconnecté du sud francilien).

Avec, pour première étape, la création en 2022 d’un Syndicat mixte pour récupérer la propriété de de ce réseau, dont le coût a déjà été très largement payé à travers nos factures d’eau.

Ouvertes en juillet 2021, les négociations avec Suez pour y parvenir ont d’emblée achoppé sur la volonté de ses dirigeants de nous faire payer au prix fort la restitution de ce RISF. Sans aucun élément à l’appui de cette exigence, ils ont fini par promettre de fournir « prochainement » des chiffres prouvant que ce patrimoine restait pour partie à rembourser : il s’agit de sa VNC, sa valeur nette comptable , soit coût d’acquisition moins amortissements. Ces derniers devraient, en toute logique et compte-tenu de l’ancienneté des travaux de construction ou modernisation de ces usines être terminés depuis longtemps, ce qui fixerait cette VNC à zéro euro.

8 mois plus tard, une promesse toujours non tenue

Pour commencer, les dirigeants de Suez ont exigé, au prétexte du secret des affaires, que les élus du Sud Francilien acceptent au préalable des négociations à huis-clos, excluant les habitants de toute information sur cet enjeu politique majeur. Les mêmes nous ont ensuite raconté qu’il fallait attendre la fin de l’OPA de Suez par Veolia pour pouvoir reprendre la discussion.

4 avril 2022 : les dirigeants de Suez déclarent la guerre aux Franciliens

Il a donc fallu attendre plus de 8 mois, ce 4 avril 2022, une rencontre avec la nouvelle Directrice générale du Suez résultant de l’offensive hostile de Veolia.

Une réunion qui a rapidement donné lieu à une fin de non recevoir, …Suez refusant finalement de fournir la VNC promise ! VNC seule à-même de justifier ses exigences exorbitantes en contrepartie de la cession des usines et réseaux d’eau potable du Sud Francilien.

la restitution de ce rendez-vous par les collectivités s’est faite 3 jours plus tard : lors du dernier conseil communautaire de Grand Paris sud : https://www.youtube.com/watch?v=fWo_5WuxDXA

(à visionner en toute fin de la retransmission de la séance, à partir de 4h23mn et 40sec)

Des rançonneurs qui ne connaissent que les rapports de force

Face à des habitants-citoyens désormais convaincus que l’eau est un commun à préserver de la marchandisation, les dirigeants de Suez montrent leur incapacité à comprendre par eux-mêmes que la situation a changé ; leur incapacité à renoncer aux abus de position dominante ; leur incapacité à concevoir une réponse aux besoins des habitants affranchie de la voracité des actionnaires.

Ceux qui tablaient sur un comportement républicain de ces dirigeants, respectueux de la démocratie locale et des attentes des populations doivent se rendre à l’évidence : nous avons affaire à des rançonneurs sans scrupule ni remord, qui ne connaissent qu’une règle, celle du rapport de force.

Vague citoyenne, la suite

Le 20 mars dernier, notre rassemblement inédit face à l’usine d’eau potable de Morsang sur Seine, s’est interrogé sur les suites à donner à la vague citoyenne qui s’y est levée pour la maîtrise publique de la production d’eau potable.

L’attitude de Suez montre qu’il n’y a pas de temps à perdre !

1- En refusant définitivement de rendre des comptes sur la gestion et la valeur du RISF, Suez prouve définitivement qu’il n’a aucun argument pour nous le faire payer encore une fois à travers nos factures d’eau. Sa restitution sans contrepartie au syndicat des intercommunalités qu’il dessert s’impose dès lors.

2- Il faut en finir d’urgence avec la surfacturation de l’eau en gros achetée à Suez pour alimenter nos robinets. Cette surfacturation est estimée, sur la base d’autres réseaux comparables, à 0,25 €, sur le total moyen de 0,70 € au mètre cube facturé aux services locaux de distribution, soit une marge indue de 30 % ! )

Le 20 mars, nous lancions un préavis de grève du paiement de cette rançon, dans l’attente des négociations requises pour faire enfin la lumière sur le prix de notre eau potable  . La position de Suez exige de passer à l’action :

Nous demandons que toutes les intercommunalités concernées ne payent désormais l’eau fournie par Suez qu’à son prix réel de 0,45 € le mètre cube et que cette économie revienne directement aux usagers

Nous nous félicitons que les élus de « Grand Paris Sud » se soient dès le 7 avril engagés à l’unanimité, et appelons nos élus de Cœur d’Essonne Agglomération, Val d’Yerres-Val de Seine, Grand Orly Seine-Bièvre à se joindre à cette action.

3- Nous protestons solennellement contre les tergiversations et combines en coulisse des dirigeants de la Communauté Paris-Saclay, accrochés à des pratiques de marchandage d’un autre temps. Nous leur demandons de se joindre enfin à la démarche constructive solidaire des collectivités du Sud Francilien, face aux multinationales de l’eau.

4- Nous demandons aux collectivités fondatrices du nouveau syndicat de production et transport d’eau de le doter d’emblée d’une Commission consultative paritaire, donnant aux usagers un droit de regard et de proposition sur les choix de production et de tarifs de la nouvelle structure, selon les principes de justice sociale et climatique impératifs pour répondre aux enjeux de l’eau dans notre région. Une manière de garantir dans la durée, la co-construction entre collectivités et habitants des politiques publiques à la hauteur de cet enjeu.

SUEZ ÇA SUFFIT, RENDEZ-NOUS NOS USINES !

Nous avons été assez rançonnés !

La légitimité est du côté des usagers et de leurs élus, pas de celui des actionnaires !

VERSION COMMUNIQUE DE PRESSE (2 PAGES)

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