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Retour en images sur la journée du 20 mars au barrage du Coudray-Montceaux pour la maitrise publique de la production de l’eau potable dans le sud francilien

(photos de Christine Maupas d’Aggl’eau CPS)

L’enjeu de ce rassemblement inédit à l’occasion de la journée mondiale de l’eau 2022
Des banderoles qui ont tenu jusqu’au 23 mars, un signe qu’elles avaient le soutien de tous les passants
quelques calicots des organisateurs
concours d’affiches faites maison
vue du barrage côté est (Morsang sur seine)
l’arrivée des premiers manifestants , les gendarmes déjà là pour surveiller
intervention de Michel Bisson Président de Grand Paris Sud
Intervention de Bruno Piriou Maire de Corbeil-Essonnes
Pascal Grandjeat pour l’association Eau publique Orge Essonne, présentant l’usine d’eau potable de Morsang sur Seine, face au barrage, une usine que Suez refuse de restituer lors que nous l’avons largement payé avec nos factures d’eau
Thierry Doulaud pour l’association Aggl’eau Communauté Paris-Saclay
Philippe Rio, Maire de Grgny, Vice-président en charge du développement durable, du cycle de l’eau, de la biodiversité
et de la production d’énergie de Grand Paris Sud
Rodolfo Yepez-Lacouture Etudiant Franco-Colombien qui a souligné les convergences des luttes pour l’eau bien commun
en Europe et en Amérique Latine
Joël Josso pour la Coordination Eau Ile de France
Alban Mosnier pour le collectif intersyndical et associatif plus jamais ça 91 (PJC91)
Souvenir de la crue de la Seine de 2024
Jacky Bortoli conseiller communautaire à Grand paris sud, conduisant les négociations entre les collectivités essonniennes et, Suez pour la restitution des usines de production d’eau potable sur la Seine

Maîtrise publique de l’eau potable: l’heure est venue en Essonne en 2022

Un mouvement encourageant d’émancipation vis-à-vis de multinationales…..

Pendant 120 ans, les Essonniens et leurs élus sont restés sous l’emprise de deux multinationales, Suez et Veolia, pour leur desserte en eau potable. Une dépendance payée très cher: surfacturation de l’eau, dégradation des réseaux, gaspillage de la ressource et démocratie locale bafouée.

Depuis 10 ans, la vague citoyenne mondiale refusant la marchandisation de l’eau potable, a obtenu de premiers résultats en Essonne, à travers la création de 6 régies publiques pour la distribution1.

Eau des Lacs à Viry en 2011, Evry-Centre Essonne (devenue GPS) en 2013, Briis sous Forge et Eau Ouest Essonne en 2016, Val d’Orge (étendu à Coeur d’Essonne) en 2017, et Sud Essonne en 2020.

Cette nouvelle donne a permis de premières baisses de tarifs, une connaissance renforcée de l’état des réseaux, une gestion à l’écoute des usagers.

… qui doit se poursuivre pour répondre aux défis du dérèglement climatique

Ce mouvement est aujourd’hui entravé en Essonne par un monopole unique en France, acquis et conservé par ces multinationales sur la production de notre eau potable. Comment en est-on arrivé là?

Le XXème siècle a vu la fermeture progressive de la plupart des stations de captage d’eau souterraine, polluée par les intrants chimiques induits par une agriculture productiviste.

Toutes les communes de la moitié Nord de l’Essonne (la plus peuplée) se sont retrouvées otages des 4 usines de potabilisation d’eau de la Seine gérées par Suez (ex-Lyonnaise des Eaux) : Vigneux (créée en 1890), Viry-Châtillon (1931), Morsang sur Seine (1972) et Corbeil-Essonnes. De l’eau acheminée par un réseau interconnecté sud francilien (RISF) tentaculaire alimentant plus d’un million d’habitants.

Ce monopole a permis à Suez d’imposer des tarifs exorbitants estimés, encore aujourd’hui, à près du double (70 centimes en moyenne au m3) du prix coût réel de cette potabilisation (40 cts au m3 environ). Une marge qui, appliquée aux 70 millions de m3/an consommées par les agglomérations desservies, représente un racket de 20 millions€ par an ! Avec un risque fort d’une nouvelle envolée des prix:Veolia et Suez prévoient d’accroître encore leurs tarifs et leurs profits en fabriquant une eau « plus pure que pure ».

Solidarité plutôt que rivalité

Il y a un an (mars 2021), les communautés d’agglomération essonniennes1, appuyées par le Conseil Départemental, affichaient leur intention de recouvrer la maîtrise publique de cette production d’eau potable.

Grand Paris Sud, Coeur d’Essonne, Val d’Yerres-Val de Seine, Grand Orly Seine-Bièvre, …En attendant Paris-Saclay dont les dirigeants traînent des pieds.

Avec, en première étape, la création en 2022 d’un Syndicat mixte pour récupérer la propriété de ces usines, dont le coût a déjà très largement été payé à travers nos factures d’eau.

En juillet 2021, les négociations ont très vite achoppé sur la volonté des dirigeants de Suez de nous faire payer une 2ème fois ces usines, sans aucun argument à l’appui de leur exigence.

Agrippés à leur approche mercantile de l’eau, les actionnaires de Suez refusent de céder un pouce de leur domination sur l’eau potable du sud francilien.

Les temps ont changé

Cette arrogance n’est plus de mise. La volonté des Essonniens et de leurs élus d’une maîtrise du cycle de l’eau est un impératif démocratique et écologique à l’heure du dérèglement climatique.

L’eau est un bien commun qui exige d’être géré et protégé sous contrôle des citoyens dans leur ensemble.

Veolia (détenant désormais 86% du capital de son ex-rivale) et Suez, ont assez tiré profit de leur domination sur les services d’eau des collectivités. En Essonne, ils doivent quitter la Seine et nous restituer les usines qui nous reviennent.

Le syndicat mixte créé cette année en Essonne doit disposer rapidement des moyens d’opérer la baisse tarifaire et la gestion raisonnée de nos ressources en eau.

Dimanche 20 mars de 16h30 à 18h30, en prélude de la journée mondiale de l’eau 2022,

rassemblons-nous nombreux au barrage du Coudray-Montceaux,

56, Berges de la Seine au Coudray Montceaux, station « Plessis-Chenêt » du RER D

face à l’usine d’eau potable de Morsang sur Seine, pièce maîtresse du réseau sud-francilien de production d’eau potable, pour exiger de Veolia-Suez sa restitution sans contrepartie, ainsi que celle des autres usines.

Lieu du rassemblement – accessible rive gauche
par le Coudray-Montceaux ou par la rive droite par Morsang sur Seine, chemin des îles

Appel au rassemblement à démultiplier sans modération, sous format, flyer ou affiche, à bientôt!

Rien n’est plus puissant qu’une idée dont l’heure est venue

Réaction de notre association Eau publique Orge Essonne, au communiqué du 11 mars des intercommunalités et du Conseil départemental de l’Essonne « pour une maîtrise publique des outils d’eau potable en Essonne »

Le 11 mars a confirmé que l’année 2021 peut être celle d’un changement historique pour l’eau potable des Essonniens :
En effet, ce jour-là, les 5 communautés d’agglomération et le Conseil Départemental de l’Essonne ont officialisé leur volonté commune en faveur d’une maîtrise publique de la production d’eau, à l’échelle de notre département.

l’Association « Eau Publique Orge-Essonne », qui appelait ce choix de ses vœux en début d’année, s’en félicite :

Il faut prendre la mesure d’un tel engagement dans un domaine où les Essonniens et leurs élus sont restés depuis un siècle sous l’emprise des deux multinationales, Suez et Véolia, qui ont bâti leur empire financier par la prédation, la séquestration et la surfacturation du bien commun essentiel que constitue l’eau potable.

Il faut apprécier l’évolution du monde politique local actée par cette déclaration, quand, il y a une douzaine d’année à peine, les rares défenseurs de la gestion publique de l’eau étaient dénoncés comme des idéologues irresponsables, au prétexte que seules les entreprises privées auraient l’expertise et les moyens de répondre aux besoins des habitants.

Cet engagement inédit confirme donc la faisabilité de ce que nous appelions de nos vœux en ce début d’année 2021 : grâce à des habitants qui refusent très majoritairement aujourd’hui la marchandisation de l’eau potable, et grâce aux six régies publiques de taille très diverses créées depuis 2011, qui ont apporté la preuve de leurs capacités pour la distribution de l’eau, les conditions sont réunies pour retrouver la maîtrise publique du grand cycle de l’eau en Essonne. Une maîtrise devenue indispensable pour répondre aux défis de la lutte contre le réchauffement climatique

Mais attention, un communiqué ne fait pas le printemps : Malgré la bataille d’actionnaires qui les opposent aujourd’hui, Veolia et Suez sauront se retrouver et ne reculeront devant aucun moyen pour préserver le pactole que représentent pour eux nos factures d’eau.

Il s’agit de rester lucide sur les hésitations et la timidité du revirement de certains acteurs locaux en faveur de la maîtrise publique de la production et la distribution de l’eau potable : A-t-on jamais vu un communiqué de presse si discret qu’il ne figurait pas sur les pages d’accueil des sites internet des collectivités signataires, sauf une ? A-t-on jamais vu des élus locaux aussi gênés pour défendre une orientation qui devrait être pourtant un motif de fierté en termes d’émancipation à l’égard d’intérêts financiers ? Seuls les maires de Grigny, Philippe Rio et de Breuillet, Véronique Mayeur, ont jusqu’à présent revendiqué publiquement cette avancée.

Comme les vampires ont peur de la lumière qui les réduit en poussière, les prédateurs des services publics ont peur plus que tout du débat public et démocratique qui contrecarre leurs pressions et leurs manœuvres en coulisses.

Compte tenu de l’ampleur des intérêts privés qui sont mis en cause, l’information et l’intervention maximale des Essonniens seront déterminantes pour gagner la partie.

Au côté d’élus encore effrayés de leur propre audace, ne mégotons pas nos efforts pour diffuser, relayer, appuyer l’engagement des collectivités essonniennes pour la maîtrise publique de l’eau potable. Assurons-nous que cette intention devienne réalité, assurons-leur que nous n’admettrons aucun retour en arrière.

Sainte Geneviève des bois , le 16 mars 2021
Association Eau publique Orge Essonne, eaupublique.orge.91@laposte.net

version « image » de notre position :