lettre ouverte de demande l’intervention de F. Balussou, préfète de l’Essonne
Cela fait 3 mois et demi qu’ont eu lieu les élections municipales, suivies du renouvellement de toutes les intercommunalités, notamment dans le domaines de l’eau et de l’assainissement.
Toutes?!? ce serait sans compter une odeur d’affairisme et conflit d’intérêt qui entache la vie politique locale essonnienne. Alors que partout ailleurs, les élus battus aux élections ont passé le relais, de bonne ou mauvaise grâce, Xavier Dugoin refuse de céder la place à la tête d’un des plus gros syndicats intercommunaux de l’Essonne , le SIARCE Syndicat d’aménagement, de rivières ,et du cycle de l’eau qui rayonne sur tout le bassin de la rivière Essonne. le SIARCE, c’est un budget de plus de 16 millions d’euros et un programme de travaux dans le domaine de l’eau et de l’assainissement qui a sombré dans une zone de non droit, au préjudice des enjeux urgents d’adaptation au dérèglement climatique dans ce domaine. Pour ne pas céder la place, Xavier Dugoin refuse de réunir l’Assemblée générale du SIARCE, en bloquant le fonctionnement, et tout le monde regarde ailleurs
la périmètre de compétence du SIARCE, paralysé depuis 15 semaines
Une situation pathétique et grotesque qui prêterait à sourire si elle n’était pas aussi préjudiciable aux institutions et collectivités essonniennes, sans autre exemple en France à notre connaissance.
Et une situation qui nous a conduit à adresser une lettre ouverte à la Préfète de l’Essonne pour prendre d’urgence les mesures qui s’imposent pour retablir un fonctionnement normal du SIARCE et préserver l’intérêt général des interêts privés
Xavier Dugoin, palme d’or de l’addiction au pouvoir, à vie et à tout prix, quoiqu’il en coûte pour notre eau
Notre lettre ouverte à Mme Fabienne Balussou, Préfète de l’Essonne
Philippe Rio, Maire de Grigny et Vice-Président de Grand Paris Sud, chargé de l’eau, dénonce l’inertie du Syndicat mixte Eau du Sud Francilien, face à Suez, évoquant la servitude volontaire, critiquée par La Boétie. Les négociations ont repris entre Suez et Eau du Sud Francilien, dans un climat constructif selon Les Echos, sans que le syndicat ne fasse valoir ses droits devant l’Autorité de la concurrence, ni devant le Tribunal administratif: compromis ou capitulation? A l’opposé, Veolia dont la main n’a pas tremblé face à Suez, a obtenu gain de cause devant le Conseil d’Etat dans une affaire de clause abusive verrouillant une délégation de service public pour l’eau potable. Lire le résumé de la situation par Jacky Bortoli et les articles des Echos.
Cette tribune a été initialement publiée sur le site de la coordination eau Ile de France : https://eau-iledefrance.fr/suez-smesf-ou-lhistoire-dune-servitude-volontaire/ Compte tenu de son caractère particulièrement éclairant et d’actualité, nous nous permettons de la reproduire et de l’illustrer. A partager sans modération
Philippe Rio
Philosophe du 16ème siècle, La Boétie nous invite à penser les rapports de domination.
Pour lui, si la liberté est inhérente à l’humain, celui-ci en a perdu l’usage, par habitude, par corruption, et aussi par bêtise.
550 ans après sa publication, un livre toujours au programme du Bac, signe qu’il n’a rien perdu de son actualité…….
Cette pensée correspond bien à la situation vécue dans le Sud Francilien sur les questions de réappropriation des outils de production pour l eau potable.
Des années de négociations, de promesses non tenues, d’engagement non réalisés, de délibérations en mode gros muscles et puis rien. Si toujours attendre de son « maître » un geste. Et même quant la justice commence à pencher dans le bon sens, la procrastination joue à plein régime. C est un peu forts avec les faibles et faible avec les forts.
Le SMESF est en toute conscience entièrement complice et cela n’est en rien une affaire individuelle (quoique ?) mais bel et bien un phénomène collectif, la servitude volontaire s’entend. La Boétie va plus loin, il y a les maitres et les esclaves….les esclaves ne sont-ils pas les premiers artisans de leur propre domination?
A force de ne saisir ni l’Autorité de la concurrence pour abus de position dominante, ni le Tribunal Administratif pour solliciter un expert pour classer les outils de production, transport et distribution comme bien de retour, le SMESF est victime de sa servitude volontaire.
Le droit est clair et le droit positif constant.
Un bien nécessaire au service public est un bien de retour, point barre.
Le service public de l’eau est clairement défini par le Code Général des Collectivités Locales comme étant la production, le transport, le stockage et la distribution.
Le Conseil d État n’a de cesse depuis la décision en 2012, Commune de Douai, de confirmer ce principe de droit pour l’eau et d’autres domaines.
Ce qui paraît simple pour nous ne l’est pas pour beaucoup. Laisser le droit tranché un litige sauf à se dire que la servitude volontaire consiste aussi à protéger son « maitre ». A l’heure des discours de souveraineté locale sur l’eau et l’énergie, La Boétie nous rappelle à nos propres contradictions et prendre conscience de propre servitude volontaire.
Marc Bloch, historien et résistant, qui vient d’entrer au Panthéon disait aussi: On ne fait triompher le droit qu’en l’affirmant, la vérité seulement en ne l enrobant pas de mensonges et le courage est 9 fois sur 10 la meilleure adresse…
« le courage est 9 fois sur 10 la bonne adresse » M. B.
Résumé de la situation et des chapitres précédents
Par Jacky Bortoli*
Désormais présidé par François Durovray, le Syndicat Eau du Sud Francilien (SESF) entend accélérer les négociations avec Suez sur la propriété des usines et canalisations. Les discussions ont, jusqu’ici, toujours achoppé sur deux questions majeures : la preuve de la propriété des infrastructures revendiquée par le groupe et leur prix de vente.
Jacky Bortoli
Sortie de crise en vue dans l’affaire du réseau d’eau en Essonne ?
Elu à la présidence du Syndicat Eau du Sud Francilien (SESF), François Durovray entend accélérer les discussions avec Suez, sur la question de la propriété des usines et canalisations d’eau du territoire. Ces dernières, regroupées au sein du Réseau interconnecté du Sud Francilien (RISF) alimentent plus de 1,3 million d’habitants. Suez affirme être propriétaire des principales usines, notamment celle de Morsang-sur-Seine et de quelque 500 kilomètres de canalisations, alors que les collectivités contestent ce point de vue. Egalement président LR du département, François Durovray estime pouvoir rapprocher les positions des différents interlocuteurs et réussir à trouver un accord.
« Nous possédons aujourd’hui une fenêtre d’opportunité politique et juridique sur un enjeu essentiel. Il s’agit de remettre la main sur un patrimoine qui doit être public », affirme-t-il. Le président du SMESF vient de réclamer à Suez la production des documents attestant de ses droits de propriété d’ici la fin du mois de juin. Créé en 2023 pour se poser en interlocuteur unique face à Suez le SMESF rassemble plusieurs grandes intercommunalités de l’Essonne et du sud de l’Île-de-France.
« Suite aux élections municipales, les discussions ont repris avec la nouvelle gouvernance du Syndicat mixte Eau du Sud Francilien dans un climat constructif et avec une volonté partagée d’aboutir », Reste à trouver un accord sur un prix de cession des infrastructures, ce qui jusqu’ici s’est révélé très largement impossible. « Nous sommes prêts à payer un juste prix pour les usines et les tuyaux, tenant compte de la valeur comptable », explique Philippe Rio, maire de Grigny et vice-président de l’agglomération Grand Paris Sud en charge de l’eau. Selon lui, cette valeur se situerait « entre 20 et 40 millions d’euros », très loin des montants réclamés par le passé par Suez. Les collectivités estiment que les usines et les canalisations ont déjà été largement financées au travers des factures d’eau payées par les usagers depuis plusieurs décennies et que leur valorisation doit tenir compte de leur amortissement. P. Rio a demandé au T *A de Versailles par l’intermédiaire de son Avocat M Guillaume Ghaye la nomination d un expert
L’autorité de la Concurrence suit le dossier
Pour les élus la reprise en main des usines et des canalisations permettrait de maîtriser l’ensemble du cycle de l’eau et ainsi de réduire durablement son coût. Le prix auquel Suez vend aujourd’hui l’eau aux collectivités fait en effet l’objet de contestations récurrentes. Le SESF a d’ailleurs, d’ores et déjà, décidé de ne régler qu’une partie des sommes réclamées par l’entreprise, les montants litigieux étant provisoirement mis en réserve dans l’attente d’un accord ou d’une décision de justice. Les villes de Grigny et d’Evry-Courcouronnes ont notamment saisi l’Autorité de la concurrence. « L’Autorité de la concurrence nous a récemment reçus et a ouvert le dossier concernant notre saisine », indique Philippe Rio.
Pierre Prot, élu Modem d’Evry-Courcouronnes, semble optimiste. « Je pense que Suez est en capacité de comprendre qu’il est dans leur intérêt d’aboutir à un prix de vente juste, autour de quelques dizaines de millions d’euros plutôt que de laisser les contentieux actuels aller au bout », estime l’élu.
Pierre Prot, un des meilleurs spécialistes du dossier
Une récente décision de justice dans le dossier Aquavesc est venue conforter les élus. Le tribunal administratif de Versailles a annulé une procédure de délégation de service public portant sur l’eau potable dans l’Ouest francilien. Les juges ont critiqué un montage contractuel associant l’achat d’eau à des engagements de long terme susceptibles de procurer un avantage économique au groupe. « Le mécanisme retoqué par la justice était le même que celui que Suez nous proposait et que nous avions refusé de signer », rappelle François Durovray.
*Conseiller municipal de Grigny, Conseiller communautaire délégué en charge du cycle de l’eau de Grand Paris Sud, Administrateur du Syndicat mixte Eau du Sud Francilien.
Eau : reprise des négociations entre Suez et les collectivités de l’Essonne
Désormais présidé par François Durovray, le Syndicat Eau du Sud Francilien (SESF) entend accélérer les négociations avec Suez sur la propriété des usines et canalisations. Les discussions ont, jusqu’ici, toujours achoppé sur deux questions majeures : la preuve de la propriété des infrastructures revendiquée par le groupe et leur prix de vente. Par Alain Piffaretti.
Sortie de crise en vue dans l’affaire du réseau d’eau en Essonne ? Elu à la présidence du Syndicat Eau du Sud Francilien (SESF), François Durovray entend accélérer les discussions avec Suez, sur la question de la propriété des usines et canalisations d’eau du territoire. Ces dernières, regroupées au sein du Réseau interconnecté du Sud Francilien (RISF) alimentent plus de 1,3 million d’habitants. Suez affirme être propriétaire des principales usines, notamment celle de Morsang-sur-Seine et de quelque 500 kilomètres de canalisations, alors que les collectivités contestent ce point de vue. Également président LR du département, François Durovray estime pouvoir rapprocher les positions des différents interlocuteurs et réussir à trouver un accord.
Servitude volontaire? Syndrome de Stockholm? To be or not to be mené par le bout du nez par les actionnaires de Suez? Pourquoi François Durovray a-t-il si peur de s’appuyer sur les citoyens pour créer un rapport de force favorable à l’intérêt général ? That’s the question….
Gestion de l’eau : le Conseil d’Etat enterre définitivement le contrat entre Suez et le syndicat de l’ouest parisien
Le Conseil d’Etat a tranché : le contrat confié à Suez par Aquavesc, le syndicat mixte de l’ouest parisien, est annulé. Cette décision inédite pourrait redéfinir les règles de gestion des services publics de l’eau, en imposant notamment une meilleure prise en compte des infrastructures publiques. Pr Catherine Bocquet.
Coup de tonnerre dans le secteur de l’eau. Dans une décision datée du 16 juin que « Les Echos » se sont procurée, le Conseil d’Etat a définitivement validé l’annulation de la délégation de service public (DSP) attribuée à Suez par Aquavesc, le syndicat mixte de l’ouest parisien chargé d’organiser et de piloter le service public d’eau potable. Un réseau desservant 32 communes des Hauts-de-Seine et des Yvelines et approvisionnant près de 520.000 habitants. Le contrat est estimé à 370 millions d’euros sur 11 ans.
L’adoption massive et accélérée de l’IA , tant dans le domaine professionnel que grand public , motive un grand nombre d’entreprises à investir dans des centres de données d’IA.
La hausse de la demande d’électricité stimule l’intérêt des investisseurs pour les entreprises qui la produisent
McKinsey estime que ces investissements atteindront 6 700 milliards de dollars d’ici 2030 pour répondre à la demande de puissance de calcul.
Résumé du chapitre 2024
Début 2024, Jean-François Cirelli, PDG de Black Rock France, fait main basse sur SUEZ, en rachetant cash pour plus de 12 milliards d’euros GIP fond d’investissement américain propulsé 2 ans plutôt à la tête de Suez pour faciliter le dépeçage de la société au bénéfice de Veolia.
Que traduit ce revirement stratégique
Une opération contraire à la stratégie officielle de Blackrock qui prétend sécuriser et conforter les fonds de ses clients en diversifiant ses placements dans le plus grand nombre de multinationales sans jamais en prendre la direction effective. Blackrock est devenu ainsi le patron du CAC 40 français, en acquérant des participations importantes dans 18 des 40 plus grandes entreprises françaises qu’on retrouve à ce CAC 40
Blackrock et Cirelli en flagrant délit de mensonge devant la commission sénatoriale sur les aides publiques aux grandes entreprises
Auditionné le 7 avril 2025 par la Commission d’enquête du Sénat sur les aides aux grandes entreprises , le PDG de Blackrock France, n’y fait pas dans la nuance pour bafouer son serment d’y dire toute la vérité (cf l’article : 434-13 du code pénal) . En effet, à l’entendre, la prise de contrôle de Suez n’aurait d’autre motivation que faire apparaitre Blackrock comme « beaucoup mieux intégré à l’écosystème économique français », grâce à la caution de la Caisse dés Dépôts venue boucler ce pacte d’actionnaires. Une simple opération de communication donc, conforme aux consignes de Larry Finck, PDG ,de Blackrock, prônant l’immersion dans les marchés locaux pour y paraitre inoffensif.
Cirelli dans son grand numéro d’enfumage au sénat (cf enregistrement de l’audition de 12′ à 15’30 »
L’évolution de Suez depuis cette prédation , c’est désorganisation et jeu de massacre pour les salariés et l’outil de travail
Très rapidement on se rend compte que les ambitions de Blackrock ne se bornent pas à montrer patte blanche. Suez,avait déjà été malmené par l’OPA hostile pilotée depuis l’Elysée par Alexis Koelher pour laisser le champ libre à Veolia 3 ans plus tôt (le même secrétaire général qu’on retrouve encore à la manoeuvre en 2025 pour courir les fraudes aux eaux minérales de Nestlé). Suez se voit rapidement sommée de rétablir une marge d’excédent conséquente quoiqu’il en compte. Sabrina Soussan , nommée PDG 2 ans plutôt avec ce mandat, malgré son profil financier avéré , est débarquée du jour au lendemain fin 2024, pour n’avoir répondu assez promptement aux impatiences de ses nouveaux actionnaires.
Cirelli et Girre, 2 prototypes des hauts fonctionnaires mercenaires partis valoriser leurs réseaux dans le monde des affaires
Et même attendre la conclusion de ce chamboule-tout, on se rend compte que, pour BlackRock, la prédation de Suez, est bien plutôt une prise de guerre pour dégager plus vite et plus largement du cash pour s’imposer sur le nouvel eldorado de l’IA des data-centers et producteurs d’électricité mobilisés pour assouvir leurs besoins exorbitants d’énergie
Suez? Une pompe à fric pour permettre à Blackrock de s’implanter dans le nouvel eldorado de l’IA
Il y a quelques semaines on apprend que BlackRock est en pourparlers avancés pour acheter, sous-couvert de GIP, la société américaine de services « publics » AES pour 38 milliards de dollars, dette comprise.
Dans ce contexte, les actions d’AES ont bondi de plus de 15% à 15,15 dollars, atteignant ainsi leur niveau le plus élevé depuis 11 mois, du pain béni pour les amateurs de délits d’initiés.
AES, dont le siège se trouve à Arlington, en Virginie, possède des actifs énergétiques sur quatre continents, générant plus de 36 000 mégawatts
La transaction devrait être annoncée dans les semaines à venir.
Les datacenters font grimper la demande d’électricité
Les compagnies privées d’électricité suscitent l’intérêt des affairistes alors que l’intelligence artificielle et les Datacenters font grimper la demande d’électricité, provoquant une vague de transactions dans le secteur. AES, qui a dépassé les estimations de Wall Street pour son bénéfice du deuxième trimestre en juillet, a connu une croissance significative dans son unité de production d’énergie renouvelable au cours de l’année écoulée. Cette expansion est dopée par les projections selon lesquelles la consommation d’énergie aux États-Unis atteindra des niveaux records.
L’année dernière, BlackRock a acquis GIP pour 12,5 milliards de dollars, dans le cadre de ses efforts pour renforcer son emprise dans les infrastructures et les marchés privés.
Les plus beaux jours pour les marchés privés sont encore à venir, stimulés par une activité d’investissement plus élevée, des coûts de financement élevés mais réduits et une demande croissante de capital à long terme.( citation du rapport de Blackrock sur perspectives des marchés privé )
Les collectivités victimes de Suez doivent se ressaisir avant le naufrage, le compte à rebours est engagé
Face à cette évolution de la gestion des dirigeants de Suez, n’importe quel usager mesure qu’il serait suicidaire de soumettre le devenir de nos services publics d’eau potable à l’agenda et aux ambitions de tels affairistes. A contrario, on comprend qu’il est plus urgent et plus pertinent que jamais que les institutions politiques locales et l’intérêt général reprennent l’offensive et reprenne la main pour placer au plus vite nos services publics à l’abri de ces prédateurs.
La démarche salutaire de la Ville de Grigny en première ligne pour recouvrer, enfin, la maitrise et la propriété de nos installations de production d’eau potable du RISF offre une opportunité salutaire d’en finir avec ce cauchemar
rendez-vous ce lundi 6 octobre à 19 heures en mairie de Grigny pour saluer l’adoption de la délibération consacrant la nature de bien de retour de notre réseau :
Lundi 6 octobre , ne ratez pas à Grigny ce rendez-vous historique pour la maitrise publique de notre eau potable
Lors du vote de la politique départementale de l’eau fin 2017, le Conseil Départemental s’était engagé sur un objectif ambitieux : reconquérir la baignade en Seine à l’horizon 2024 des JO de Paris, sur le territoire essonnien. « Ce projet se traduit par un travail très important avec les communes essonniennes riveraines de la Seine et leurs intercommunalités, les syndicats d’assainissement et de rivière, les services de l’État et avec le soutien de l’Agence de l’Eau Seine Normandie »,expliquait alors Brigitte Vermillet, vice-présidente déléguée à la transition écologique et à la croissance verte.
Ris, Corbeil, le Coudray-Montceaux, Viry ou Etiolles
un objectif confirmé régulièrement depuis, devant se concrétiser sur les berges des villes de Corbeil-Essonnes, Ris-Orangis, en tête, suivies du Coudray-Montceaux, Etiolles et Viry-Châtillon. En Juillet 2019, une grande opération « l’Essonne se jette à l’eau » était organisée pour, selon François Durovray « montrer l’engagement de tout un territoire pour la reconquête de la baignade en Seine dans le cadre d’une manifestation populaire« .
Une ambition encouragée par notre association, investie pour la reconnexion des essonniens avec le fleuve majeur de leur bassin versant, alimentant nos 4 usines de production d’eau potable.
en phase avec notre action pour libérer la Seine de ses prédateurs financiers et de ses pollueurs. Un thème à l’ordre du jour des 2 big jump en Seine que nous avons organisés en 2022 et 2023 à Corbeil-Essonnes
En 2022
45 ans d’interdiction de la baignade, du fait de la maltraitance infligée à la Seine, ça suffit!
On se mouille et se mouillera jusqu’à la victoire pour la libération de la Seine
En 2023
En 2023, les résultats des tests organisés, avant notre big jump du 9 juillet, confirmaient l’évolution favorable de la qualité des eaux de la Seine
2023, l’objectif baignade en Seine confirmé
Un objectif baignade confirmé par l’exécutif départemental en avril 2023, lors du vote de la nouvelle politique départementale de l’Eau , avec un bémol sur l’échéance : le Département laissant entendre que, comme à Paris le Seine serait baignable en Essonne en 2025 un an après les JO.
Une mise à contribution sans contrepartie
Si à Paris cette échéance de 2025 est bien respectée, pour notre département, les promesses faites ont été noyées en catimini avec l’eau du bain…Un renoncement d’autant plus dur à admettre pour les Essonniens , que nous avons par contre payé très cher l’augmentation de 77% de la redevance imposée pour le traitement de nos eaux usées par le SIAAP(Syndicat interdépartemental d’assainissement de l’Agglomération parisienne, à un montant (99.5 cts en 2025) très au-delà du coût réel de l’épuration de nos effluents par l’usine de Valenton.
Au total, plus de 1,1 milliard d’euros ont été investis pour moderniser les infrastructures d’assainissement. L’État, via l’Agence de l’eau Seine-Normandie, financée par ses redevances sur nos factures d’eau a contribué à hauteur de 591 M€, le SIAAP l’essentiel de l’autre moitié.
le comité de pilotage du plan baignade régional , présidé le 14 mai dernier par Marc Guillaume , préfet de Région , s’est auto-félicité de la poursuite de la dynamique post-Jeux olympiques du plan et de sa réussite, tout en supprimant toute référence au volet Essonnien du plan.
Reste à tous les essonniens qui n’ont pas les moyens de s’offrir des vacances à la mer ni en bord de lacs, et de continuer à s’y baigner en bravant l’interdiction à leurs risques et périls et sans protection, ou à barboter dans des piscines gonflables en plastique non recyclable
les autorités se bornent désormais à des opérations de surveillance et sanction des baignades interdites.
Rassemblement le 20 mars 2022 au barrage du Coudray Montceaux face à l’usine d’eau potable de Suez
Déclaration commune du 15 avril 2022 de la Coordination Eau Île de France et des associations Aggl’eau CPS et Eau Publique Orge-Essonne
Rappel des épisodes précédents
Il y a 13 mois (mars 2021), les communautés d’agglomération essonniennes1, appuyées par le Conseil Départemental, exprimaient leur volonté de recouvrer la maîtrise publique de la production d’eau potable. Une production sous l’emprise de Suez (ex-Lyonnaise des Eaux) depuis plus d’un siècle sous la forme du RISF (Réseau interconnecté du sud francilien).
Avec, pour première étape, la création en 2022 d’un Syndicat mixte pour récupérer la propriété de de ce réseau, dont le coût a déjà été très largement payé à travers nos factures d’eau.
Ouvertes en juillet 2021, les négociations avec Suez pour y parvenir ont d’emblée achoppé sur la volonté de ses dirigeants de nous faire payer au prix fort la restitution de ce RISF. Sans aucun élément à l’appui de cette exigence, ils ont fini par promettre de fournir « prochainement » des chiffres prouvant que ce patrimoine restait pour partie à rembourser : il s’agit de sa VNC, sa valeur nette comptable , soit coût d’acquisition moins amortissements. Ces derniers devraient, en toute logique et compte-tenu de l’ancienneté des travaux de construction ou modernisation de ces usines être terminés depuis longtemps, ce qui fixerait cette VNC à zéro euro.
8 mois plus tard, une promesse toujours non tenue
Pour commencer, les dirigeants de Suez ont exigé, au prétexte du secret des affaires, que les élus du Sud Francilien acceptent au préalable des négociations à huis-clos, excluant les habitants de toute information sur cet enjeu politique majeur. Les mêmes nous ont ensuite raconté qu’il fallait attendre la fin de l’OPA de Suez par Veolia pour pouvoir reprendre la discussion.
4 avril 2022 : les dirigeants de Suez déclarent la guerre aux Franciliens
Il a donc fallu attendre plus de 8 mois, ce 4 avril 2022, une rencontre avec la nouvelle Directrice générale du Suez résultant de l’offensive hostile de Veolia.
Une réunion qui a rapidement donné lieu à une fin de non recevoir, …Suez refusant finalement de fournir la VNC promise ! VNC seule à-même de justifier ses exigences exorbitantes en contrepartie de la cession des usines et réseaux d’eau potable du Sud Francilien.
la restitution de ce rendez-vous par les collectivités s’est faite 3 jours plus tard : lors du dernier conseil communautaire de Grand Paris sud : https://www.youtube.com/watch?v=fWo_5WuxDXA
(à visionner en toute fin de la retransmission de la séance, à partir de 4h23mn et 40sec)
Des rançonneurs qui ne connaissent que les rapports de force
Face à des habitants-citoyens désormais convaincus que l’eau est un commun à préserver de la marchandisation, les dirigeants de Suez montrent leur incapacité à comprendre par eux-mêmes que la situation a changé ; leur incapacité à renoncer aux abus de position dominante ; leur incapacité à concevoir une réponse aux besoins des habitants affranchie de la voracité des actionnaires.
Ceux qui tablaient sur un comportement républicain de ces dirigeants, respectueux de la démocratie locale et des attentes des populations doivent se rendre à l’évidence : nous avons affaire à des rançonneurs sans scrupule ni remord, qui ne connaissent qu’une règle, celle du rapport de force.
Vague citoyenne, la suite
Le 20 mars dernier, notre rassemblement inédit face à l’usine d’eau potable de Morsang sur Seine, s’est interrogé sur les suites à donner à la vague citoyenne qui s’y est levée pour la maîtrise publique de la production d’eau potable.
L’attitude de Suez montre qu’il n’y a pas de temps à perdre !
1- En refusant définitivement de rendre des comptes sur la gestion et la valeur du RISF, Suez prouve définitivement qu’il n’a aucun argument pour nous le faire payer encore une fois à travers nos factures d’eau. Sa restitution sans contrepartie au syndicat des intercommunalités qu’il dessert s’impose dès lors.
2-Il faut en finir d’urgence avec la surfacturation de l’eau en gros achetée à Suez pour alimenter nos robinets. Cette surfacturation est estimée, sur la base d’autres réseaux comparables, à 0,25 €, sur le total moyen de 0,70 € au mètre cube facturé aux services locaux de distribution, soit une marge indue de 30 % ! )
Le 20 mars, nous lancions un préavis de grève du paiement de cette rançon, dans l’attente des négociations requises pour faire enfin la lumière sur le prix de notre eau potable . La position de Suez exige de passer à l’action :
Nous demandons que toutes les intercommunalités concernées ne payent désormais l’eau fournie par Suez qu’à son prix réel de 0,45 € le mètre cube et que cette économie revienne directement aux usagers
Nous nous félicitons que les élus de « Grand Paris Sud » se soient dès le 7 avril engagés à l’unanimité, et appelons nos élus de Cœur d’Essonne Agglomération, Val d’Yerres-Val de Seine, Grand Orly Seine-Bièvre à se joindre à cette action.
3- Nous protestons solennellement contre les tergiversations et combines en coulisse des dirigeants de la Communauté Paris-Saclay, accrochés à des pratiques de marchandage d’un autre temps. Nous leur demandons de se joindre enfin à la démarche constructive solidaire des collectivités du Sud Francilien, face aux multinationales de l’eau.
4- Nous demandons aux collectivités fondatrices du nouveau syndicat de production et transport d’eau de le doter d’emblée d’une Commission consultative paritaire, donnant aux usagers un droit de regard et de proposition sur les choix de production et de tarifs de la nouvelle structure, selon les principes de justice sociale et climatique impératifs pour répondre aux enjeux de l’eau dans notre région. Une manière de garantir dans la durée, la co-construction entre collectivités et habitants des politiques publiques à la hauteur de cet enjeu.
SUEZ ÇA SUFFIT, RENDEZ-NOUS NOS USINES !
Nous avons été assez rançonnés !
La légitimité est du côté des usagers et de leurs élus, pas de celui des actionnaires !
Réaction de notre association Eau publique Orge Essonne, au communiqué du 11 mars des intercommunalités et du Conseil départemental de l’Essonne « pour une maîtrise publique des outils d’eau potable en Essonne »
l’Association « Eau Publique Orge-Essonne », qui appelait ce choix de ses vœux en début d’année, s’en félicite :
Il faut prendre la mesure d’un tel engagement dans un domaine où les Essonniens et leurs élus sont restés depuis un siècle sous l’emprise des deux multinationales, Suez et Véolia, qui ont bâti leur empire financier par la prédation, la séquestration et la surfacturation du bien commun essentiel que constitue l’eau potable.
Il faut apprécier l’évolution du monde politique local actée par cette déclaration, quand, il y a une douzaine d’année à peine, les rares défenseurs de la gestion publique de l’eau étaient dénoncés comme des idéologues irresponsables, au prétexte que seules les entreprises privées auraient l’expertise et les moyens de répondre aux besoins des habitants.
Cet engagement inédit confirme donc la faisabilité de ce que nous appelions de nos vœux en ce début d’année 2021 : grâce à des habitants qui refusent très majoritairement aujourd’hui la marchandisation de l’eau potable, et grâce aux six régies publiques de taille très diverses créées depuis 2011, qui ont apporté la preuve de leurs capacités pour la distribution de l’eau, les conditions sont réunies pour retrouver la maîtrise publique du grand cycle de l’eau en Essonne. Une maîtrise devenue indispensable pour répondre aux défis de la lutte contre le réchauffement climatique
Mais attention, un communiqué ne fait pas le printemps : Malgré la bataille d’actionnaires qui les opposent aujourd’hui, Veolia et Suez sauront se retrouver et ne reculeront devant aucun moyen pour préserver le pactole que représentent pour eux nos factures d’eau.
Il s’agit de rester lucide sur les hésitations et la timidité du revirement de certains acteurs locaux en faveur de la maîtrise publique de la production et la distribution de l’eau potable : A-t-on jamais vu un communiqué de presse si discret qu’il ne figurait pas sur les pages d’accueil des sites internet des collectivités signataires, sauf une ? A-t-on jamais vu des élus locaux aussi gênés pour défendre une orientation qui devrait être pourtant un motif de fierté en termes d’émancipation à l’égard d’intérêts financiers ? Seuls les maires de Grigny, Philippe Rio et de Breuillet, Véronique Mayeur, ont jusqu’à présent revendiqué publiquement cette avancée.
Comme les vampires ont peur de la lumière qui les réduit en poussière, les prédateurs des services publics ont peur plus que tout du débat public et démocratique qui contrecarre leurs pressions et leurs manœuvres en coulisses.
Compte tenu de l’ampleur des intérêts privés qui sont mis en cause, l’information et l’intervention maximale des Essonniens seront déterminantes pour gagner la partie.
Au côté d’élus encore effrayés de leur propre audace, ne mégotons pas nos efforts pour diffuser, relayer, appuyer l’engagement des collectivités essonniennes pour la maîtrise publique de l’eau potable. Assurons-nous que cette intention devienne réalité, assurons-leur que nous n’admettrons aucun retour en arrière.
Sainte Geneviève des bois , le 16 mars 2021 Association Eau publique Orge Essonne, eaupublique.orge.91@laposte.net
version « image » de notre position :
Association pour une gestion publique de l'eau potable de la Communauté Cœur d'Essonne Agglomération et au-delà