Un léger mieux mais un surcoût qui reste inacceptable
résumé des chapitres précédents : Été 2023 1.19€ au m3, record absolu de la surfacturation imposée par Suez
Souvenez-vous : Il y a 3 ans à l’automne 2023, nous avions sonné l’alerte au vu du prix exorbitant atteint par l’eau en gros vendu par Suez à la régie : un montant atteignant alors 1,19€ au mètre cube, soit près du triple du coût réel de production de cette eau dans les usines de potabilisation d’eau de Seine gérée par Suez. Un prix «justifié» par un index d’actualisation des prix calé abusivement sur le prix du marché de l’énergie ; qui ne représente pourtant qu’une part minime des frais de production de l’eau. Dans l’univers impitoyable des surfacturations imposées par suez dans le sud Francilien, notre régie subissait alors, et de loin, le tarif le plus abusif: une situation qui confirmait l’urgence d’une réappropriation publique des équipements de production de notre eau pour en disposer enfin au prix coûtant.
Une régie privée de (presque) tous ses moyens d’investissement

Comparé au prix payé par l’usager individuel en 2023 (1,39 au m 3, plus un coût d’abonnement de 22 cts au m³ pour une consommation annuelle de 100m3, soit un coût moyen de 1,61€ au m³), la part laissée pour l’activité de la régie, une fois payée l’eau en gros achetée à 1,19€ se réduisait à 42 centimes au m³ soit un quart seulement de la part « eau potable » de notre facture ! Une marge misérable, privant la régie de toute marge de manœuvre pour maintenir son réseau et moderniser sa gestion au niveau requis. Une contrainte ingérable, que la part très minoritaire de l’eau distribuée facturée plus cher aux plus gros consommateurs (de l’ordre de 2€ à 2,45€ au mètre cube) ne saurait alléger sérieusement
2 réactions contradictoires
Cette situation dramatique a conduit à 2 réactions contradictoires :
* d’un côté , ce tarif record a été utilisé comme argument par Suez pour proposer une prolongation pour plus de 20 ans d’un contrat de vente à un coût moindre , mais confortant durablement son abus de position dominante. Une stratégie à laquelle se sont malheureusement ralliés en coulisse certains de nos élus, renonçant sans état d’âme à l’objectif d’une réappropriation publique au moindre coût de nos outils de production. Tout ça au nom du « moindre mal ». Une stratégie heureusement dévoilée, dénoncée et combattue et finalement mise en échec par une mobilisation, citoyenne fin 2024.
* A l’opposé, le tarif record atteint en 2023 a été l’occasion, pour les adversaires de la gestion privée, de relancer la bataille pour s’affranchir au plus tôt de l’emprise de Suez :
* c’est chose fait avec la dénonciation intervenue dès cet été 2026 de la convention d’achat d’eau en gros liant la Régie à Suez pour y mettre un terme (au 1er mai 2027). A compter de cette date, la Régie se tournera pour son approvisionnement vers le syndicat Eau du sud francilien qui a réduit unilatéralement à 55cts au mètre cube le prix de l’eau en gros qu’il achète à Suez.
Si, dans l’immédiat l’économie obtenue par cette baisse unilatérale est provisionnée dans l’attente de l’issue des contentieux engagés par Suez pour la contester, le temps qui passe renforce la perspective de la récupérer : par 3 fois déjà , le tribunal administratif a rejeté les recours de Suez.
* et dans l’attente, l’administration de la régie s’est attelée efficacement à une renégociation de la convention en cours en vue d’une formule d’actualisation des prix plus conforme à la réalité de l’évolution des coûts : Des efforts récompensés par une baisse significative du coût au mètre cube acheté à Suez (via sa filiale à 100 % Eau du sud parisien) :
juillet 2023 : 1,19€ janvier 2024 : 1,03€ juillet 2024 : 1,00€ janvier 2025 : 0,965€ juillet 2025 : 0,93€ janvier 2026 : 0,88€
Soit une baisse de 26 % en 2 ans et demi et un montant qui recrée un peu de marge par rapport au prix payé par l’usager, qui lui, n’a pas changé depuis 2023 et reste fixé à 1,61€ (part variable et abonnement compris) dans le cas le plus fréquent.
Une économie de 2 600 000€ par an.
Ces 31 centimes de baisse au m³ représentant une économie d’environ 2 600 000€ par an sur les factures payées à Suez. Si cette somme est bienvenue pour les investissements de la régie, elle ne doit pas faire oublier les efforts qui restent à accomplir pour rapprocher l’eau payée à Suez de son coût réel : un impératif d’intérêt général à la portée des collectivités sud francilienne, pour peu que leurs dirigeants se décident enfin à engager avec Suez la bataille avec la détermination requise.
La question subsidiaire : le coût de l’eau acheté au SIARCE
La baisse obtenue sur les factures réglées à Suez conduit à s’intéresser de plus près à celles présentés Veolia qui gère par DSP l’usine d’Eau potable d’Itteville, propriété du SIARCE). En effet , avec 0,82€ au m³, le prix facturé pour cette eau n’est plus très éloigné de celui de Suez, ce qui invite à s’interroger sérieusement sur sa légitimité. Un dossier qui nous conforte dans notre volonté de rompre l’omerta qui caractérise les relations chaotiques entre le SIARCE et la Régie, interdisant jusqu’à présent de faire la lumière sur le coût de l’eau acheté au SIARCE.
(voir notre précédent article)
Pour accéder aux tableaux complets permettant de suivre l’évolution depuis 3 ans des prix d’achat par la Régie de l’eau en gros livré par ses 3 fournisseurs (Suez, pour environ 70 %, le SIARCE et Veolia pour environ 29 % , et enfin le syndicat Eau Ouest Essonne pour le 1 % restant) cliquez ici (2 pages)