Factures d’eau potable : où va notre argent?

Une recette répartie entre 8 bénéficiaires

Nous étions jusqu’alors dans l’impossibilité de publier, comme les années précédentes, la répartition des parts de nos factures d’eau reversées à chacun des opérateurs du petit cycle de l’eau. C’est enfin possible, grâce à la réception des chiffres attendus pour la part versée par la régie Eau coeur d’Essonne, à ses 3 fournisseurs d’eau en gros pour l’année écoulée : à Suez pour 70% du volume , au SIARCE et à Veolia pour 29% et, enfin au syndicat Eau ouest Essonne pour le 1 % restant (environ). Que peut-on en retirer?

Quelques observations sur l’évolution d’une facture annuelle de 100 mètres cubes entre 2025 et 2026 telle qu’on peut la voir sur le tableau suivant

* Tout d’abord, la poursuite de l’augmentation de nos factures d’eau en 2025, d’environ 3,1% pour + 0,3 % de hausse de l’indice des prix à la consommation entre janvier 2025 et 2026.

Les prix de vente de l’eau potable étant inchangés depuis 2023, cette hausse s’explique d’une part par la hausse des prélèvements de l’agence de l’Eau , de l’ordre de 10 % (imputable essentiellement à la hausse de la redevance « pour la performance des réseaux d’assainissement ») et par la hausse persistante des redevances assainissement du Syndicat de l’Orge et du SIAAP (+3,4%).

le coût de l’assainissement dépasse désormais 50% de nos factures

le résultat de ces hausses, c’est le passage d’un point de bascule : désormais la part de nos factures dédiée au prix de l’assainissement représente plus de la moitié du cout de nos factures d’eau toutes taxes comprises. Une dérive ininterrompue depuis 12 ans qui mérite que nos élus s’en préoccupent beaucoup plus sérieusement.

A contrario, le coût de production, transport et distribution de l’eau potable , soit la part encaissée par la Régie pour ses besoins propres et pour acheter son eau en gros à ses différents producteurs (soit 1,61€ au mètre cube hors taxe reversée à l’État) ne représente plus que 1/3 du montant total des factures émises par la Régie. Et si on soustrait de ce montant la part reversée aux vendeurs d’eau, au premier rang desquels Suez, c’est moins de la moitié de cette somme (75 cts environ en 2025 par m³) qui reste pour financer l’activité intrinsèque à la régie, fonctionnement et travaux. De fait, la Régie joue le rôle de collecteur de redevances pour le compte d’autres opérateurs bien plus que pour son propre compte.

Suez prive toujours notre régie des moyens nécessaires à son développement

Ces données confirme l’urgence, pour donner à la régie les moyens de son activité sans pressurer les usagers, d’obtenir enfin un prix de l’eau livrée à la régie conforme à son cout réel, de l’ordre de 50 centimes au mètres cube, si la puissance public recouvrait la propriété et la gestion des usines de production de cette eau (usines aujourd’hui sous l’emprise de Suez) .

Mais elles confirment également la nécessité pour les usagers de la Grande Couronne de retrouver la maitrise du traitement de leurs eaux usées actuellement opéré par Veolia pour le compte du SIAAP, en toute opacité alors même que le Syndicat de l’Orge a pour mission de contrôler la qualité et le prix de ce service.(rappelons que le cout de cette épuration s’est envolé de plus de 65 % en 5 ans, sans amélioration du service rendu aux usagers).

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