Tous les articles par Association Eau publique Orge Essonne
Association créée en 2014 par des habitants et associations du Val d'Orge pour la création d'une régie publique pour gérer l'eau potable de l'Agglomération.
Affiliée à la Coordination Eau Ile de France, l'association a pris le nom d'Eau publique Orge-Essonne,
quand notre agglomération s'est élargie à l'Arpajonnais en 2016
Tous les acteurs , habitants, élus, salariés de la bataille pour la maitrise publique de la production d’eau potable sont conviés à se retrouver:
le mercredi 15 juin de 19h à 21h30 à Grigny,
Salle Sidney Bechet, place Henri Barbusse (à 200m de la gare de Grigny-Centre, RER D)
Ces retrouvailles, 3 mois après le rassemblement au barrage du Coudray Montceaux seront l’occasion de partager entre nous les informations sur la situation au sujet des 3 usines et canalisations du RISF ,dont Suez refuse toujours la restitution sans contrepartie aux usagers à à leurs élus.
Nous bénéficierons d’un éclairage d’ensemble de l’historique, des enjeux, du contexte, du rapport de force dans le sud francilien grâce à la restitution par RODOLFO PEREZ-LACOUTURE de son mémoire universitaire sur « les enjeux de la réappropriation publique de l’eau dans le Sud Francilien »
Notre programme des 6 prochains mois
Nous aurons ensuite à échanger et à nous accorder sur nos prochaines initiatives pour renforcer et élargir les actions en cours, de façon coordonnée entre collectivités et associations. Quelques suggestions (liste ouverte à toute proposition complémentaire):
* initiative publique en Seine à l’occasion du « Big jump river » européen le 10 juillet prochain,
* confirmation et engagement de la préparation des 2èmes rencontres départementales pour l’eau publique en Essonne (élargies au sud Francilien et aux acteurs universitaires ?) pour leur réalisation avant la fin de l’année 2022
* initiative d’interpellation des dirigeants et de solidarités avec les salariés de Suez, soit au siège de Suez, soit sur les différentes usines
* engagement des discussions entre fondateurs du nouveau syndicat mixte et associations pour permettre l’implication des usagers dans ses projets et ses choix (voir l’article publié sur notre blog pour engager un travail collaboratif sur cette question)
Cette année 2022 a vu la création du Syndicat mixte de production et transport d’eau potable du sud francilien , dénommé « Eau du sud francilien ».
Les membres fondateurs en sont les EPCI (établissements publics de coopération intercommunale) qui sont totalement ou partiellement alimentés en eau potable par les usines de production et les canalisations du réseau interconnecté Sud Francilien (RISF): Coeur d’Essonne agglomération, Grand Paris Sud, Val d’Yerres-Val de Seine, Grand Orly Seine Bièvre. 2 autres sont susceptibles de les rejoindre: Paris-Saclay, et Grand Paris Sud Est Avenir.
Cette création offre aux habitants et à leurs collectivités locales , l’outil juridique requis pour reprendre la maîtrise complète du service d’eau potable dans la plus grande part du sud de l’Ile de France.
Ce syndicat voit le jour alors même que l’entreprise Suez, qui a imposé son emprise sur ce RISF depuis plus d’un siècle, refuse de céder la place; ou bien, à défaut prétend le faire en exigeant des contreparties financières exorbitantes, alors même que ses usines et réseau de production d’eau potable ont déjà été largement payé par les usagers à travers leurs facture.
La gestion publique démocratique, c’est pas automatique
Dans ce contexte, la finalité immédiate d’Eau du sud francilien est de gérer un service le plus efficacement possible au bénéfice des usagers et dans le respect de la ressource en eau; Mais elle est aussi de faciliter et de consolider l’implication citoyenne dans la bataille en cours pour une réappropriation collective du service d’eau potable, totalement affranchie des visées lucratives des actionnaires des multinationales.
Et cette implication citoyenne ne pourra s’opérer que si, d’emblée, le syndicat Eau du sud francilien adopte des modalités démocratiques de fonctionnement en rupture complète avec l’opacité, les décisions imposées d’en haut, le mépris ou la manipulation des usagers qui ont caractérisé la gestion Suez depuis des décennies.
Cadre juridique & volonté politique
Le cadre juridique du syndicat est une condition nécessaire pour y parvenir, mais il ne sera pas suffisant s’il ne s’accompagne pas d’outils encourageant la participation régulière des usagers aux projets et aux choix d’Eau du sud francilien.
C’est l’objet de l’instance collaborative dont nous souhaitons la mise en place dans les meilleurs délais. En pleine conscience de l’ambition de cette mise en place, dans le contexte réglementaire du code général des collectivités territoriales (CGCT), qui ne concède aujourd’hui aux usagers qu’un rôle consultatif réduit, dissuasif et décourageant pour ceux qui tentent de l’exercer au mieux.
En effet, il faut avoir à l’esprit que seules les régies publiques d’eau potable et d’assainissement ayant la personnalité morale offrent une possibilité aux usagers de participer aux décisions, en siégeant et délibérant au sein du conseil d’administration de ces régies. Cette option n’existe pas aujourd’hui pour les établissements publics de coopération intercommunal (EPCI) ou les syndicats auxquels ils adhérent.
Un projet à améliorer
Le projet de règlement que nous proposons pour le syndicat tente de dépasser ces contraintes, sous la forme d’une « ICSPL »; à savoir, une instance collaborative des services publics locaux, qui puisse remplir le rôle réglementaire concédé très occasionnellement, dans les communes et intercommunalités, aux CCSPL (commissions consultative des services publics locaux), mais qui puisse avoir une finalité d’association permanente des usagers aux orientations et initiatives du Syndicat.
A ce stade, le document présenté est un document de travail ouvert aux corrections, précisions , clarifications nécessaires pour répondre à cette forte ambition démocratique. Même le nom de cette instance est sujet à discussion. Nous espérons que tous ceux qui ont l’ambition
En attendant, transparence à toutes les étapes
En attendant la création de cette instance, nous demandons que:
* les conseils d’administration des régies à personnalité morale qui existent déjà pour la distribution de l’eau potable,
* les CCSPL des établissements fondateurs du syndicat (GPS, CDEA, GOSB, CAVYVS) et celles des EPCI ayant vocation à le rejoindre (CPS, EPT11) ,
soient régulièrement informées et associées à la mise en place du syndicat et aux négociations avec Suez.
pour accèder à la version de travail en commun du projet de règlement de l’ICSPL du syndicat Eau du sud francilien cliquez sur le lien ci-dessous:
N’hésitez surtout pas à ce stade à faire part de vos questions et réactions à ce sujet. Etant entendu qu’une fois retravaillé, il aura vocation à être proposé à l’instance collaborative du nouveau syndicat qui sera souveraine pour l’adapter puis l’adopter définitivement.
La commission consultative des services publics locaux (CCSPL) devait donner ce mardi 10 mai un avis sur le projet du Syndicat de l’Orge d’avenant à la DSP actuelle avec Suez, pour reprendre en régie l’exploitation des réseaux et de quelques stations d’épuration à compter de ce 1er juin 2022. Cette consultation a donc eu lieu en dernière minute, sans document préparatoire nous ayant permis d’étudier la question. Compte tenu des indications fournies sur le coût élevé qu’induirait une dénonciation complète de la DSP, nous avons donné un avis favorable à la réduction modeste de son périmètre qui est prévue (portant sur environ 12 % seulement du montant de la DSP). A la lecture plus attentive à l’issue de la CCSPL des documents présentés en séance, on peut s’interroger sur le choix de ne pas toucher au montant de la redevance demandée aux usagers, et d’ utiliser intégralement l’économie réalisée pour des travaux de maintenance renforcés.
En effet, la redevance d’épuration payée par les usagers tributaires de cette DSP, soit 1.042€ au mètre cube, est 43% plus élevée que celle des usagers des autres secteurs, notamment ceux dont les eaux usés sont acheminées vers la station du SIAAP à Valenton. (0.725€ en 2022)
La reprise en régie concernerait les 5 plus petites stations d’épuration STEP, gérées par Suez (en orange) sur la carte, la grosse station d’Ollainville restant en DSP jusqu’à fin 2025)
pour la présentation de ce projet , accompagné de quelques commentaires et précisions de notre part (en italique), cliquez ici:
140 ans de privatisation et de spoliation. Les réseaux d’eau potable des villes, fondés sur les fontaines, alimentés par des aqueducs, se sont construits à partir du Moyen-âge sous l’égide des municipalités; ce n’est en général qu’à partir du 19ème siècle que les grandes entreprises privées se les sont accaparés.
C’est le cas à Paris, suite à l’élection de Jacques Chirac, qui délègue à compter de 1984 la gestion de l’eau potable en partage à Suez (rive Gauche) et Veolia (rive droite).
En banlieue parisienne, par contre, les communes se sont trouvées placées sous l’emprise des entreprises privées dès la création de leurs réseaux d’approvisionnement en eau potable, avec une intervention déterminante des préfets pour privilégier ce mode de gestion. C’est ce qui a conduit au partage séculaire de l’Ile de france, permettant : – à Veolia de faire main basse sur l’essentiel de la « petite couronne », par l’entremise du SEDIF (Syndicat des eaux d’Ile de France), sous la forme 100 ans de délégation renouvelée systématiquement,
et à Suez de s’enrichir aux dépends de la majeure partie urbanisée de la Grande Couronne (ancienne Seine et Oise, dont l’Essonne).
Avec, dans ce dernier cas également, une reconduction systématique des délégations des services publics d’eau potable, dépossédant les communes de toute maîtrise et même de toute connaissance sérieuse des infrastructures support de la production et la distribution de l’eau.
C’est dans ce contexte que le Réseau interconnecté Sud Francilien, (RISF) a été organisé par étapes, d’abord sous l’égide de la Société lyonnaise des eaux et de l’éclairage (SLEE), créée en 1880, devenue Lyonnaise des Eaux en 1931, puis Suez, sous-couvert de filiales à 100 % parmi lesquelles Eau du Sud Parisien (ESP), la société des eaux de l’Essonne
Ce réseau s’est consolidé lors de la création des villes nouvelles, avec un fort développement dans les années 1970,marqué par la réalisation de l’usine de Morsang et des principales canalisations de transport d’est en ouest de gros diamètre 1200 et 1000 mm Certaines parties de ces réseaux dits de transports sont publiques.
Ils sont desservis par 4 usines: 3 dont Suez revendique la propriété, et la 4ème (propriété de la Ville de Corbeil-Essonnes et désormais de Grand Paris Sud) L’ensemble de ces sites peut produire et distribuer jusqu’à 440.000 m 3 d’eau potable par jour grâce à un réseau interconnecté long de 4.500 km
Un réseau qui alimente plus d’un million d’habitants répartis sur quatre départements
Depuis 40 ans, le RISF perdure sous la forme d’un réseau d’une longueur totale de 4500 km, pouvant distribuer jusqu’à 440 000 m3 d’eau potable par jour produite dans 4 usines, dont l’eau potable est très majoritairement issue de procédés très lourds de repotabilisation d’eau de la Seine.
C’est ces 4 usines de bord de Seine, toutes situées en Essonne, qui doivent être restituées aujourd’hui aux essonniens et à leurs élus.
Leur présentation du Nord au Sud respecte la chronologie de leur création:
1° L’usine de Vigneux sur Seine,
9 chemin de port Brun, dont la construction initiale remonte à 1890.
Témoignent de cette époque des bâtiments et une conception assez rustique de la protection du site.
nos amis les bêtes sont en charge du plan vigi-pirate à Vigneux
S’étendant sur 3,6 hectares, dont 1/3 d’installations de traitements, elle fait tout pour échapper aux regards et tourne le dos à sa commune d’accueil. Implantée à la limite nord du Département entre les voies ferrées du RER D reliant Villeneuve Saint-Georges à Juvisy, la confluence de l’Yerres avec la Seine, et divers activités de BTP ou de logistique, les déchets qui jonchent ses abords augurent mal de l’hygiène absolue qui doit caractériser son activité :
…..ou côté Seine
Cette usine a été très largement rénovée il y 25 ans, avec l’installation d’un procédé dit « d’ultrafiltration » . Des travaux financés à l’époque par d’importantes subventions publiques (30% du coût , principalement de la part de l’Agence de l’eau) et par les usagers, avec un surcoût évalué entre « 20 à 40 centimes de plus » au mètre cube, répercuté sur les factures (bonjour la précision….). Les dirigeants de Suez vantaient alors une eau désormais « d’une pureté comparable à celle de l’eau de source », et « d’une qualité bien supérieure à celle exigée par les normes en vigueur ». l’eau de cette issue est issue à 100% de la Seine, avec des prélèvements en 2019 inférieurs de 25% à ceux de 2012: ce qui signifie que, désormais l’usine fournit un volume d’eau représentant seulement 38% de ses capacités potentielles.
2°) l’usine de Viry-Châtillon
Construite en 1931 , soit il y a 91ans, l’eau qu’elle produit est issue à 87% d’un captage en Seine et 13% de forages aux abords de l’usine, puisant dans les nappes souterraines profondes de l’albien et du sparnacien. Sa production effective est aujourd’hui de l’ordre de 44% de ses capacités (120 000 m3 par jour , soit 44 millions de m3 environ par an) Elle a enregistré également une baisse de production d’environ 25% de 2012 à 2019 (dernière année connue),
3°) L’usine de Corbeil-Essonnes
dite « Usine Philippe de la Clergerie », Rue Louis Beaudoin. Elle désormais approvisionnée uniquement par un captage en Seine, Chemin des bas vignons . Au départ construite par la Ville d’Essonnes après la seconde guerre mondiale, elle a été largement agrandie et modernisée en 1974 et a adopté en 2010 le même procédé d’ultrafiltration , « Cristal », que celui installé à Vigneux en 1997.
Cette usine est donc la seule des 4 a être propriété publique. Elle a été transférée de la Ville de Corbeil-Essonnes à la communauté d’agglomération GPS, quand cette dernière a repris la compétence Eau potable pour le compte de ses communes. Ce qui n’empêche pas Suez de la considérer comme partie intégrante de son patrimoine, et comme éléments à part entière du RISF, dans tous ses documents. Sa production actuelle représente à peine 40% de ses capacités potentielles, et, plus encore que les autres usines, a fortement baissé, de 50%, entre 2012 et 2019.
4°) l’usine de Morsang sur Seine
vue aérienne de l’usine de Morsang sur Seine
C’est à la fois la plus importante et la plus récente du RISF. Elle a été réalisée et inaugurée en 1970 pour faire face à la construction des Villes nouvelles d’Evry et de Melun-Sénart, dont les objectifs initiaux de population étaient largement supérieurs à ce qu’ils sont advenus. L’usine représente à elle seule la moitié des capacités de celles qui alimentent le réseau interconnecté du sud francilien. Elle aussi à une production largement inférieure à ses capacités : 57%, et en baisse au cours de la dernière décennie, d’environ 20%.
Tableau de synthèse des capacités de production des 4 usines du RISF en Essonne
Au total, on voit qu’à peine la moitié de la capacité des usines est aujourd’hui utilisée. D’autre part, on relève que la capacité maximale de Morsang sur Seine serait aujourd’hui suffisante pour répondre aux besoins d’alimentation de tout le réseau.
L’alimentation des intercommunalités sud-franciliennes est très en deça des capacités de production du RISF
Rassemblement le 20 mars 2022 au barrage du Coudray Montceaux face à l’usine d’eau potable de Suez
Déclaration commune du 15 avril 2022 de la Coordination Eau Île de France et des associations Aggl’eau CPS et Eau Publique Orge-Essonne
Rappel des épisodes précédents
Il y a 13 mois (mars 2021), les communautés d’agglomération essonniennes1, appuyées par le Conseil Départemental, exprimaient leur volonté de recouvrer la maîtrise publique de la production d’eau potable. Une production sous l’emprise de Suez (ex-Lyonnaise des Eaux) depuis plus d’un siècle sous la forme du RISF (Réseau interconnecté du sud francilien).
Avec, pour première étape, la création en 2022 d’un Syndicat mixte pour récupérer la propriété de de ce réseau, dont le coût a déjà été très largement payé à travers nos factures d’eau.
Ouvertes en juillet 2021, les négociations avec Suez pour y parvenir ont d’emblée achoppé sur la volonté de ses dirigeants de nous faire payer au prix fort la restitution de ce RISF. Sans aucun élément à l’appui de cette exigence, ils ont fini par promettre de fournir « prochainement » des chiffres prouvant que ce patrimoine restait pour partie à rembourser : il s’agit de sa VNC, sa valeur nette comptable , soit coût d’acquisition moins amortissements. Ces derniers devraient, en toute logique et compte-tenu de l’ancienneté des travaux de construction ou modernisation de ces usines être terminés depuis longtemps, ce qui fixerait cette VNC à zéro euro.
8 mois plus tard, une promesse toujours non tenue
Pour commencer, les dirigeants de Suez ont exigé, au prétexte du secret des affaires, que les élus du Sud Francilien acceptent au préalable des négociations à huis-clos, excluant les habitants de toute information sur cet enjeu politique majeur. Les mêmes nous ont ensuite raconté qu’il fallait attendre la fin de l’OPA de Suez par Veolia pour pouvoir reprendre la discussion.
4 avril 2022 : les dirigeants de Suez déclarent la guerre aux Franciliens
Il a donc fallu attendre plus de 8 mois, ce 4 avril 2022, une rencontre avec la nouvelle Directrice générale du Suez résultant de l’offensive hostile de Veolia.
Une réunion qui a rapidement donné lieu à une fin de non recevoir, …Suez refusant finalement de fournir la VNC promise ! VNC seule à-même de justifier ses exigences exorbitantes en contrepartie de la cession des usines et réseaux d’eau potable du Sud Francilien.
la restitution de ce rendez-vous par les collectivités s’est faite 3 jours plus tard : lors du dernier conseil communautaire de Grand Paris sud : https://www.youtube.com/watch?v=fWo_5WuxDXA
(à visionner en toute fin de la retransmission de la séance, à partir de 4h23mn et 40sec)
Des rançonneurs qui ne connaissent que les rapports de force
Face à des habitants-citoyens désormais convaincus que l’eau est un commun à préserver de la marchandisation, les dirigeants de Suez montrent leur incapacité à comprendre par eux-mêmes que la situation a changé ; leur incapacité à renoncer aux abus de position dominante ; leur incapacité à concevoir une réponse aux besoins des habitants affranchie de la voracité des actionnaires.
Ceux qui tablaient sur un comportement républicain de ces dirigeants, respectueux de la démocratie locale et des attentes des populations doivent se rendre à l’évidence : nous avons affaire à des rançonneurs sans scrupule ni remord, qui ne connaissent qu’une règle, celle du rapport de force.
Vague citoyenne, la suite
Le 20 mars dernier, notre rassemblement inédit face à l’usine d’eau potable de Morsang sur Seine, s’est interrogé sur les suites à donner à la vague citoyenne qui s’y est levée pour la maîtrise publique de la production d’eau potable.
L’attitude de Suez montre qu’il n’y a pas de temps à perdre !
1- En refusant définitivement de rendre des comptes sur la gestion et la valeur du RISF, Suez prouve définitivement qu’il n’a aucun argument pour nous le faire payer encore une fois à travers nos factures d’eau. Sa restitution sans contrepartie au syndicat des intercommunalités qu’il dessert s’impose dès lors.
2-Il faut en finir d’urgence avec la surfacturation de l’eau en gros achetée à Suez pour alimenter nos robinets. Cette surfacturation est estimée, sur la base d’autres réseaux comparables, à 0,25 €, sur le total moyen de 0,70 € au mètre cube facturé aux services locaux de distribution, soit une marge indue de 30 % ! )
Le 20 mars, nous lancions un préavis de grève du paiement de cette rançon, dans l’attente des négociations requises pour faire enfin la lumière sur le prix de notre eau potable . La position de Suez exige de passer à l’action :
Nous demandons que toutes les intercommunalités concernées ne payent désormais l’eau fournie par Suez qu’à son prix réel de 0,45 € le mètre cube et que cette économie revienne directement aux usagers
Nous nous félicitons que les élus de « Grand Paris Sud » se soient dès le 7 avril engagés à l’unanimité, et appelons nos élus de Cœur d’Essonne Agglomération, Val d’Yerres-Val de Seine, Grand Orly Seine-Bièvre à se joindre à cette action.
3- Nous protestons solennellement contre les tergiversations et combines en coulisse des dirigeants de la Communauté Paris-Saclay, accrochés à des pratiques de marchandage d’un autre temps. Nous leur demandons de se joindre enfin à la démarche constructive solidaire des collectivités du Sud Francilien, face aux multinationales de l’eau.
4- Nous demandons aux collectivités fondatrices du nouveau syndicat de production et transport d’eau de le doter d’emblée d’une Commission consultative paritaire, donnant aux usagers un droit de regard et de proposition sur les choix de production et de tarifs de la nouvelle structure, selon les principes de justice sociale et climatique impératifs pour répondre aux enjeux de l’eau dans notre région. Une manière de garantir dans la durée, la co-construction entre collectivités et habitants des politiques publiques à la hauteur de cet enjeu.
SUEZ ÇA SUFFIT, RENDEZ-NOUS NOS USINES !
Nous avons été assez rançonnés !
La légitimité est du côté des usagers et de leurs élus, pas de celui des actionnaires !
L’enjeu de ce rassemblement inédit à l’occasion de la journée mondiale de l’eau 2022Des banderoles qui ont tenu jusqu’au 23 mars, un signe qu’elles avaient le soutien de tous les passants quelques calicots des organisateursconcours d’affiches faites maisonvue du barrage côté est (Morsang sur seine)l’arrivée des premiers manifestants , les gendarmes déjà là pour surveillerintervention de Michel Bisson Président de Grand Paris SudIntervention de Bruno Piriou Maire de Corbeil-EssonnesPascal Grandjeat pour l’association Eau publique Orge Essonne, présentant l’usine d’eau potable de Morsang sur Seine, face au barrage, une usine que Suez refuse de restituer lors que nous l’avons largement payé avec nos factures d’eau Thierry Doulaud pour l’association Aggl’eau Communauté Paris-SaclayPhilippe Rio, Maire de Grgny, Vice-président en charge du développement durable, du cycle de l’eau, de la biodiversité et de la production d’énergie de Grand Paris SudRodolfo Yepez-Lacouture Etudiant Franco-Colombien qui a souligné les convergences des luttes pour l’eau bien commun en Europe et en Amérique Latine Joël Josso pour la Coordination Eau Ile de FranceAlban Mosnier pour le collectif intersyndical et associatif plus jamais ça 91 (PJC91)Souvenir de la crue de la Seine de 2024Jacky Bortoli conseiller communautaire à Grand paris sud, conduisant les négociations entre les collectivités essonniennes et, Suez pour la restitution des usines de production d’eau potable sur la Seine
A J-2 de notre rassemblement citoyen pour la réappropriation publique de la production d’eau dans le sud francilien
En ce printemps propice à de neuves ardeurs nous vous rappelons, que vous sachiez ou non nager en eau trouble,
que vous êtes les bienvenu.e.s, pour surfer sur la vague citoyenne que le barrage du Coudray-Montceaux lâchera Dimanche 20 mars à 16h30 pour la maîtrise publique de la production d’eau potable en Essonne
Et pour les plus enclin.e.s à donner de la voix et à se dés-ankyloser,
Sachez que cette manifestation marquera également le déconfinement des Rosies qui vous proposent de vous joindre à elle pour une nouvelle Choré-Chanson « Rien que pour l’eau » avec l’aimable contribution de Véronique Sanson.
Un mouvement encourageant d’émancipation vis-à-vis de multinationales…..
Pendant 120 ans, les Essonniens et leurs élus sont restés sous l’emprise de deux multinationales, Suez et Veolia, pour leur desserte en eau potable. Une dépendance payée très cher: surfacturation de l’eau, dégradation des réseaux, gaspillage de la ressource et démocratie locale bafouée.
Depuis 10 ans, la vague citoyenne mondiale refusant la marchandisation de l’eau potable, a obtenu de premiers résultats en Essonne, à travers la création de 6 régies publiques pour la distribution1.
Eau des Lacs à Viry en 2011, Evry-Centre Essonne (devenue GPS) en 2013, Briis sous Forge et Eau Ouest Essonne en 2016, Val d’Orge (étendu à Coeur d’Essonne) en 2017, et Sud Essonne en 2020.
Cette nouvelle donne a permis de premières baisses de tarifs, une connaissance renforcée de l’état des réseaux, une gestion à l’écoute des usagers.
… qui doit se poursuivre pour répondre aux défis du dérèglement climatique
Ce mouvement est aujourd’hui entravé en Essonne par un monopole unique en France, acquis et conservé par ces multinationales sur la production de notre eau potable. Comment en est-on arrivé là?
Le XXème siècle a vu la fermeture progressive de la plupart des stations de captage d’eau souterraine, polluée par les intrants chimiques induits par une agriculture productiviste.
Toutes les communes de la moitié Nord de l’Essonne (la plus peuplée) se sont retrouvées otages des 4 usines de potabilisation d’eau de la Seine gérées par Suez (ex-Lyonnaise des Eaux) : Vigneux (créée en 1890), Viry-Châtillon (1931), Morsang sur Seine (1972) et Corbeil-Essonnes. De l’eau acheminée par un réseau interconnecté sud francilien (RISF) tentaculaire alimentant plus d’un million d’habitants.
Ce monopole a permis à Suez d’imposer des tarifs exorbitants estimés, encore aujourd’hui, à près du double (70 centimes en moyenne au m3) du prix coût réel de cette potabilisation (40 cts au m3 environ). Une marge qui, appliquée aux 70 millions de m3/an consommées par les agglomérations desservies, représente un racket de 20 millions€ par an ! Avec un risque fort d’une nouvelle envolée des prix:Veolia et Suez prévoient d’accroître encore leurs tarifs et leurs profits en fabriquant une eau « plus pure que pure ».
Grand Paris Sud, Coeur d’Essonne, Val d’Yerres-Val de Seine, Grand Orly Seine-Bièvre, …En attendant Paris-Saclay dont les dirigeants traînent des pieds.
Avec, en première étape, la création en 2022 d’un Syndicat mixte pour récupérer la propriété de ces usines, dont le coût a déjà très largement été payé à travers nos factures d’eau.
En juillet 2021, les négociations ont très vite achoppé sur la volonté des dirigeants de Suez de nous faire payer une 2ème fois ces usines, sans aucun argument à l’appui de leur exigence.
Agrippés à leur approche mercantile de l’eau, les actionnaires de Suez refusent de céder un pouce de leur domination sur l’eau potable du sud francilien.
Les temps ont changé
Cette arrogance n’est plus de mise. La volonté des Essonniens et de leurs élus d’une maîtrise du cycle de l’eau est un impératif démocratique et écologique à l’heure du dérèglement climatique.
L’eau est un bien commun qui exige d’être géré et protégé sous contrôle des citoyens dans leur ensemble.
Veolia (détenant désormais 86% du capital de son ex-rivale) et Suez, ont assez tiré profit de leur domination sur les services d’eau des collectivités. En Essonne, ils doivent quitter la Seine et nous restituer les usines qui nous reviennent.
Le syndicat mixte créé cette année en Essonne doit disposer rapidement des moyens d’opérer la baisse tarifaire et la gestion raisonnée de nos ressources en eau.
Dimanche 20 mars de 16h30 à 18h30, en prélude de la journée mondiale de l’eau 2022,
rassemblons-nous nombreux au barrage du Coudray-Montceaux,
56, Berges de la Seine au Coudray Montceaux, station « Plessis-Chenêt » du RER D
face à l’usine d’eau potable de Morsang sur Seine, pièce maîtresse du réseau sud-francilien de production d’eau potable, pour exiger de Veolia-Suez sa restitution sans contrepartie, ainsi que celle des autres usines.
Lieu du rassemblement – accessible rive gauche par le Coudray-Montceaux ou par la rive droite par Morsang sur Seine, chemin des îles
Appel au rassemblement à démultiplier sans modération, sous format, flyer ou affiche, à bientôt!
La reprise récente en gestion publique par Coeur d’Essonne Agglomération de la distribution de notre eau potable, s’est accompagnée d’une réduction du coût de la part « eau » de nos factures.
Mais ces factures, payées directement en habitat individuel,ou répercutées dans les charges des ensembles collectifs, restent toujours un poste significatif de dépenses pour les habitants et les acteurs économiques de Cœur d’Essonne : un poste qui mérite d’y regarder de plus près.
Factures opaques?
Problème: avec pas moins de 10 lignes différentes, nos factures restent particulièrement obscures pour les usagers.
Et pourtant, lire ces lignes, et même entre les lignes de nos factures, au-delà du prix de l’eau, c’est mieux comprendre le cycle de l’eau, les dangers qui la menacent, les traitements qu’elle subit.
C’est se donner, dès lors, des clés pour protéger ce bien commun si fragile et si essentiel dans la lutte contre le réchauffement climatique.
Les objectifs de cette conférence:
Dans cette conférence, Eau publique Orge-Essonne vous propose, en détaillant nos factures d’eau, de naviguer au fil de ce que les spécialistes appellent « le petit cycle de l’eau », à savoir:
– son captage, son traitement, son transport, et sa distribution, pour qu’elle arrive à nos robinets;
– ensuite, après usage, sa collecte et son assainissement en vue de la « restituer » au milieu naturel.
A chacune de ces étapes, nous rencontrerons des opérateurs différents, et ferons quelques découvertes quant à l’utilisation des redevances collectées.
Nous aborderons aussi le risque, toujours possible, d’un montant de facture qui explose, pour en comprendre les causes et tenter de nous en protéger.
Déroulement
Cette conférence, prend place dans la programme d’animations de la médiathèque municipale de la Norville. D’une durée de 2 heures, elle comprendra :
* 1h20 d’exposé, accompagné d’un diaporama et d’interview d’intervenants aux différentes étapes du cycle de l’eau
* 40 minutes d’échanges sous forme de questions-réponses avec la salle et les spectateurs en visio-conférence
Elle sera enregistrée pour restée accessible ensuite en replay (sur le site de la Mairie de la Norville) , mais aussi sur le blog de notre association
(le lien de connexion sera communiqué ici à la suite de la conférence)
Cette diffusion différée comprendra un volet « messagerie » permettant des questions complémentaires et un approfondissement les réponses données dans le cadre de la conférence avec également des liens et une bibliographie pour aller plus loin.
Inscription auprès de la médiathèque par mail ou par téléphone:
Confiscation de notre eau potable: stop ou encore?
C’est une démarche sans précédent à Paris-Saclay que cette lettre ouverte des associations d’usagers de l’eau potable de CPS, « Aggl’eau CPS », du centre Essonne « Eau publique Orge-Essonne », et de la « Coordination eau Ile de France :
Rompre avec des décennies sous emprise des multinationales dans le domaine de l’eau potable? Même si les retours d’expériences des élus locaux qui ont franchi le pas sont largement positifs, même si les anciennes et nouvelles régies publiques sont disponibles pour aider ceux qui rejoignent le mouvement, la petite rengaine des « entreprises-privées-seules-capables-de-gérer-un-domaine-aussi-complexe »continue à tourner. Parfois même dans des secteurs inattendus: c’est le cas dans l’agglomération Paris-Saclay (C.P.S), qui accueille un des plus grands pôles scientifiques de France; Un endroit où la recherche publique, notamment dans le champ environnemental, est en première ligne pour construire les réponses aux besoins sociaux compatibles avec nos limites planétaires.
Dis Papa, pourquoi ça coince à Saclay?
Mais les atouts socio-économiques ne font manifestement pas tout; pour des raisons totalement inconnues des quelques 320 000 habitants , 180 000 salariés et 60 000 étudiants de CPS, les dirigeants de l’Agglo étaient portés disparus lors des premières réunions organisées cet été entre collectivités essonniennes pour construire l’outil public de gestion de la production et du transport d’eau potable répondant aux enjeux de tout le sud francilien et même au-delà. Un enjeu stratégique: , si les collectivités sud-franciliennes, dépendantes à 95% des multinationales pour leur approvisionnement en eau, se dotent de leurs propres moyens de répondre à leurs besoin, c’est le rapport de force à l’échelle régionale qui s’en trouvera modifié.
Usines de production d’eau largement payées par les usagers cherchent repreneur public
L’année 2021 en Essonne est en effet potentiellement celle d’un tournant historique, à travers la création d’un syndicat mixte (c’est-à-dire-réunissant des collectivités et établissements territoriaux de différents statuts) pour reprendre en maîtrise publique les usines de productions et les canalisations de transport d’eau du RISF , réseau interconnecté du sud-francilien aujourd’hui détenu par Suez: un réseau qui approvisionne majoritairement les agglomérations de GrandParis-sud , Coeur d’Essonne, Val d’Yerres-Val de Seine et Paris Saclay en Essonne et même une partie du Val de Marne, et plus d’un million d’habitants. Une situation qui permet à Suez d’imposer un prix d’eau « en gros » de l’ordre du double du prix de revient. Difficile de faire une estimation plus précise, Suez s’étant toujours opposé à fournir le moindre justificatif pour son prix de vente. En tout cas, un prix fondé sur un niveau d’amortissement des usines et des tuyaux tel qu’ils sont déjà largement amortis et remboursés par les usagers à travers leurs factures.
L’union fait la force. Et la désunion?
Suez, est aujourd’hui sacrément déstabilisée par l’offre publique d’achat finalisée à son encontre par Veolia, avec la bénédiction de l’Elysée, et nul ne pariera sur son devenir à moyen terme. Ça n’empèche pas ses dirigeants, peut-être avec l’énergie du désespoir de s’arc-bouter pour sauver ce qui peut l’être de leurs bastions et de leurs profits dans le domaine de l’eau. D’où l’importance d’un front commun des collectivités aujourd’hui desservies par le RISF, dans les négociations engagées avec Suez pour qu’elle cède enfin la place. Et d’où les inquiétudes suscitées par le refus des dirigeants de CPS de rejoindre ce front commun. Au bénéfice de qui?
CPS, une proie rèvée pour Veolia….via le SEDIF
Pendant que les dirigeants de CPS font bande à part , d’autres ont bien compris le bénéfice à retirer de cette situation. Le Comité du Sedif du 14 octobre a été l’occasion pour son président à vie, Santini, d’affirmer publiquement son ambition confiante d’absorber dans le SEDIF les 22 communes de Paris-Saclay qui n’en font pas partie. Une opération indispensable pour compenser la perte des 14 communes de petite couronne parties pour échapper à l’emprise de Veolia et au nouveau racket prévu dans le cadre de son futur contrat, avec » l’opération OIBP » (voir nos articles précédents sur ce blog au sujet de cette nouvelle technique de traitement de l’eau potable, catastrophique pour le prix de l’eau et pour l’environnement)
Une opération pharaonique conçue à l’échelle des 250 millions de mètres cubes d’eau du contrat initial du Sedif , un volume potentiellement réduit de 15% par le départ des 14 communes , d’où l’impérieuse urgence de trouver de nouveaux pigeons pour écouler « l’eau plus pure que pure » produite par OIBP (osmose inverse basse pression. Un projet qui prend l’eau aujourd’hui, du fait des avis défavorables qu’il suscite, tant son bilan environnemental est désastreux.
Il faut en effet garder à l’esprit que le contrat du Sedif avec Veolia depuis un siècle constitue le plus gros marché mondial de Veolia dans le domaine de l’eau et qu’il est hors de question pour lui de laisser plumer cette poule aux oeufs d’or.
Des questions trop graves pour se règler en coulisses
Il faut prendre la mesure dans ce contexte de redistribution des cartes et d’offensives très agressives des multinationales pour préserver leurs parts de marchés et leurs marges. Dix ans après la reconnaissance de droit à l’eau comme un droit universel et l’eau comme un bien commun qui doit échapper aux logiques marchandes, les habitants ne sont plus disposés à subir les pratiques d’omerta qui ont marqué l’histoire des relations entre les Compagnies d’eau et le monde politique en France .
A Saclay comme ailleurs, le débat publique doit enfin s’imposer. C’est la meilleure garantie que l’intérêt général prévale.
Association pour une gestion publique de l'eau potable de la Communauté Cœur d'Essonne Agglomération et au-delà